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REVUE PRATIQUE

Comment bien s'hydrater avant, pendant et après un match de football ?

L'hydratation d'un footballeur doit-elle suivre un volume fixe ? Cette revue explique comment adapter les apports aux pertes, à la chaleur et à la durée de l'effort, tout en distinguant la déshydratation, l'hyponatrémie et l'hypernatrémie.

Dernière mise à jour : août 2026

Faut-il boire le plus possible avant, pendant et après un match de football ?

Un joueur qui transpire beaucoup doit-il boire davantage que les autres ? Faut-il commencer à boire plusieurs heures avant le match, emporter une boisson contenant du sodium et remplacer chaque gramme perdu dès le coup de sifflet final ?

Les conseils sur l'hydratation sont souvent présentés comme s'il existait une quantité idéale identique pour tous. Pourtant, les pertes de sueur varient fortement selon la température, l'humidité, l'intensité, le poste, le temps passé sur le terrain, l'équipement et les caractéristiques propres au joueur. Une stratégie adaptée à un match chaud peut être inutile, voire dangereuse, pour une séance courte par temps frais.

L'objectif n'est donc pas de boire le plus possible. Il est de commencer l'effort dans un état hydrique habituel, de limiter une déshydratation excessive lorsque l'exercice est long ou chaud, d'éviter la surconsommation et de restaurer progressivement l'équilibre après l'effort [1, 2, 9]. Pour une séance ordinaire, la soif est un repère pratique utile ; lors d'un effort long, d'un tournoi ou d'une forte chaleur, elle peut être complétée par une stratégie planifiée à partir du contexte et des pertes habituelles.

POUR COMPRENDRE — L'hydratation n'est pas un réservoir à remplir au maximum

Le corps possède déjà des mécanismes de régulation : la soif, la concentration de l'urine, les hormones et les reins. Boire sert à accompagner ces mécanismes, pas à les remplacer par un volume imposé identique pour toute l'équipe.

Cette revue examine ce que l'on peut réellement recommander aux joueurs et aux éducateurs avant, pendant et après l'effort. Elle distingue les situations ordinaires des conditions particulières, notamment la chaleur, les tournois et les signes pouvant évoquer une hyponatrémie ou une hypernatrémie.

Que signifie réellement être hydraté ?

L'eau de l'organisme se répartit entre les cellules, le sang et les espaces situés entre les tissus. Elle transporte les nutriments, participe aux réactions chimiques, permet la circulation du sang et contribue à la régulation de la température. Pendant l'exercice, la sudation évacue de la chaleur lorsque la sueur s'évapore à la surface de la peau.

L'état d'hydratation ne se résume pas à la quantité de liquide absorbée juste avant l'échauffement. Il dépend de l'équilibre entre les apports, les pertes urinaires, la respiration, la transpiration et la capacité des reins à conserver ou éliminer l'eau.

La masse corporelle peut fournir une estimation pratique des variations hydriques à court terme. Une perte de 1 kg entre deux pesées réalisées dans des conditions comparables correspond approximativement à un déficit de 1 litre d'eau, mais cette estimation est influencée par les aliments, le contenu digestif et les échanges respiratoires. Elle est utile pour suivre une tendance, pas pour donner l'illusion d'une mesure parfaite.

La couleur des urines peut apporter un indice général. Une urine très foncée, peu abondante, associée à la soif et à une matinée chaude, invite à boire normalement avant l'effort. À l'inverse, une urine très claire ne prouve pas que le joueur est parfaitement hydraté et ne justifie pas de continuer à boire sans limite. La soif elle-même peut être retardée ou modifiée par l'accès à la boisson, l'habitude, la chaleur et l'intensité ; elle ne doit donc pas être le seul critère lors d'un effort prolongé.

PRUDENCE — Aucun indicateur isolé ne suffit

Le poids, la couleur des urines, la soif et la sensation de bouche sèche sont des indices complémentaires. Ils ne permettent pas à eux seuls de diagnostiquer une déshydratation ou de calculer la concentration de sodium dans le sang. En cas d'effort prolongé, ils doivent être associés à la durée, à la chaleur, à l'accès à la boisson et à l'observation habituelle des pertes.

Que perd un joueur lorsqu'il transpire ?

La sueur contient principalement de l'eau, mais aussi du sodium, du chlorure et de petites quantités d'autres électrolytes. La concentration de sodium varie d'un joueur à l'autre et peut également changer avec l'acclimatation à la chaleur, l'intensité, la durée et le débit de sudation.

Deux joueurs qui perdent chacun 1 litre de sueur ne perdent donc pas nécessairement la même quantité de sodium. Inversement, une forte trace blanche sur un maillot suggère une présence de sel, mais ne mesure ni le volume total de sueur ni la perte totale de sodium.

La perte de sueur dépend du contexte. Elle augmente généralement avec la chaleur, l'humidité, le rayonnement solaire, les vêtements peu respirants et l'intensité. Elle peut rester importante par temps froid chez un joueur très couvert ou lorsque l'air sec favorise l'évaporation. Le vent et l'humidité modifient surtout la vitesse à laquelle la sueur s'évapore, pas seulement le fait de transpirer.

Dans le football, le temps réellement joué compte davantage que la seule durée du rassemblement. Un remplaçant qui s'échauffe, un gardien, un joueur qui reste sur le terrain pendant toute la rencontre et un joueur sorti à la mi-temps n'ont pas exactement les mêmes pertes.

Le sodium perdu dans la sueur n'est pas automatiquement remplacé pendant chaque séance. Le corps possède des réserves et l'alimentation quotidienne en apporte généralement. La question devient plus importante lorsque les efforts sont longs, rapprochés, réalisés dans la chaleur ou accompagnés de pertes inhabituelles.

La déshydratation réduit-elle toujours la performance ?

Une perte hydrique importante peut réduire le volume plasmatique, augmenter la fréquence cardiaque et rendre la régulation de la température plus difficile. La sensation d'effort peut augmenter et la capacité à répéter des efforts intenses peut se dégrader, particulièrement lorsque la chaleur s'ajoute à la déshydratation [2, 4].

La relation n'est toutefois pas un interrupteur. Une petite variation de masse corporelle ne signifie pas automatiquement qu'un joueur ne peut plus jouer. Les effets dépendent de la durée, du niveau de chaleur, de la tâche, de l'intensité relative et de l'entraînement du joueur.

Les sports collectifs combinent des courses intermittentes, des accélérations, des pauses, des remplacements et des décisions techniques. Une déshydratation modérée peut ne pas produire le même effet sur une tâche simple en laboratoire que sur la répétition de sprints, la prise d'information et la précision technique en fin de match. Les études de laboratoire doivent donc être transposées avec prudence au football [4].

La baisse de performance n'est pas le seul critère. Un joueur peut continuer à courir malgré une contrainte physiologique accrue, puis développer une fatigue excessive, une sensation de malaise ou une mauvaise tolérance à la chaleur. La prévention doit considérer la santé et la qualité de l'effort, pas uniquement la capacité à terminer la rencontre.

Faut-il boire avant l'entraînement ou le match ?

Un joueur doit arriver à la séance ou au match dans son état habituel, sans chercher à compenser en urgence une journée entière de boissons insuffisantes. Les apports hydriques réguliers au cours de la journée sont plus cohérents qu'une grande quantité absorbée juste avant l'échauffement.

Pour un adulte en bonne santé, les recommandations de référence proposent souvent de boire environ 5 à 7 mL par kilogramme de masse corporelle dans les quatre heures précédant l'exercice. Si le joueur n'urine pas ou si l'urine reste très foncée, un apport supplémentaire de 3 à 5 mL/kg environ deux heures avant peut être envisagé [1, 2]. Ces valeurs sont des repères de départ issus de recommandations générales, pas une obligation à appliquer sans tenir compte du contexte, de l'alimentation et des éventuelles maladies ou traitements.

Pour un joueur de 70 kg, 5 à 7 mL/kg correspondent à environ 350 à 490 mL répartis dans les heures précédentes. Cette quantité ne doit pas être ajoutée à de grands volumes déjà bus pendant la matinée. Chez un enfant ou un adolescent, les besoins doivent être adaptés à la masse corporelle, à l'âge, à la durée et aux conditions, sans imposer une stratégie d'adulte.

Boire beaucoup juste avant le coup d'envoi peut provoquer une sensation de lourdeur, des envies d'uriner et un inconfort digestif. Cela n'améliore pas nécessairement l'hydratation et peut augmenter le risque de consommer plus que nécessaire.

SUR LE TERRAIN — Avant un entraînement ou un match

Le joueur boit régulièrement dans la journée, arrive sans déficit évident, prend une quantité modérée dans les heures précédentes et évite de se forcer à absorber de grands volumes juste avant l'échauffement. La soif complète cette observation, mais ne remplace pas l'anticipation lorsqu'un effort long ou chaud est prévu.

L'eau suffit-elle avant l'effort ?

Pour une séance courte ou une rencontre réalisée dans des conditions modérées, l'eau et l'alimentation habituelle suffisent généralement à couvrir les besoins hydriques. Une boisson glucido-électrolytique n'est pas nécessaire simplement parce qu'un joueur pratique le football.

Une boisson contenant des glucides peut devenir pertinente lorsque la durée est longue, que l'intensité est élevée ou qu'une disponibilité énergétique est nécessaire. Son intérêt ne vient alors pas seulement de l'eau : les glucides peuvent contribuer à l'apport énergétique et le sodium peut favoriser la rétention de liquide dans certains contextes [3, 10, 12].

Une boisson contenant du sodium n'est pas automatiquement meilleure qu'une eau. La concentration, le volume consommé, les aliments pris en parallèle et la durée de l'effort déterminent la réponse globale. Une boisson très sucrée ou très concentrée peut ralentir la vidange gastrique et provoquer un inconfort chez certains joueurs.

Les boissons énergétiques, les boissons de l'effort et les boissons stimulantes ne sont pas synonymes. La caféine, les fortes concentrations de sucre et les mélanges de compléments soulèvent des questions différentes de celles de l'hydratation. Un éducateur ne doit pas confondre une boisson contenant des glucides et une boisson stimulante.

Combien faut-il boire pendant un match ?

Il n'existe pas de volume universel. Les recommandations générales évoquent souvent, pour un adulte, une fourchette de l'ordre de 0,4 à 0,8 litre par heure pendant l'exercice, à ajuster selon le taux de sudation, la chaleur, la tolérance digestive et les possibilités d'accès à la boisson [1]. Cette fourchette ne constitue ni une cible obligatoire ni une permission de boire au maximum. Elle ne doit pas être transposée telle quelle à un enfant, à un joueur malade ou à une personne prenant un traitement influençant l'équilibre hydrique.

Une estimation individuelle peut être réalisée pendant une séance représentative :

  1. peser le joueur avant l'effort, avec une tenue comparable et après être allé aux toilettes ;
  2. noter approximativement le volume bu pendant la séance ;
  3. peser le joueur après l'effort, en s'essuyant et en retirant les vêtements très mouillés si possible ;
  4. noter les urines éventuelles ;
  5. estimer la perte de sueur avec la formule : perte de masse + boissons consommées - urines produites.

Le résultat est exprimé en litres pour une séance donnée. Il indique une tendance et doit être répété dans des conditions différentes. Il ne faut pas chercher à remplacer exactement chaque millilitre pendant un match, car une consommation imposée peut conduire à dépasser les capacités d'élimination de l'eau.

La stratégie doit aussi respecter le football réel. Les joueurs boivent aux pauses, lors d'un arrêt de jeu ou à la mi-temps. Une grande bouteille individuelle facilite l'observation de la consommation, mais elle ne doit pas devenir un outil de contrainte. Un joueur qui ne boit jamais, qui boit énormément ou qui présente des symptômes doit être interrogé plutôt que comparé mécaniquement à ses coéquipiers.

Le sodium est-il nécessaire pendant chaque effort ?

Le sodium aide à maintenir l'osmolarité des liquides corporels et participe à la transmission nerveuse et à la contraction musculaire. Il est également présent dans de nombreux aliments ordinaires. Chez un joueur qui prend des repas variés et réalise une séance courte, il n'est généralement pas nécessaire d'ajouter du sel à sa boisson.

La question se pose davantage lorsque la sudation est importante, que l'exercice se prolonge, que plusieurs matchs sont rapprochés ou que le joueur consomme de grands volumes de liquide. Une boisson contenant du sodium peut alors être préférable à une eau seule, surtout si elle améliore la tolérance et limite une dilution excessive du sodium sanguin. Elle ne compense toutefois pas une consommation globale disproportionnée.

Les traces salées sur les vêtements peuvent orienter vers une perte de sodium plus élevée, mais leur interprétation est limitée. Une mesure de la sueur réalisée à un endroit du corps ne décrit pas parfaitement les pertes totales. Il ne faut pas transformer un maillot blanc en diagnostic de carence.

Les comprimés de sel ou les doses importantes de sodium ne doivent pas être utilisés sans raison précise. Ils peuvent provoquer des troubles digestifs, augmenter la charge en sodium et donner une fausse impression de protection contre la déshydratation ou les crampes.

IDÉE REÇUE — Transpirer salé ne signifie pas qu'il faut prendre du sel immédiatement

Une trace blanche est un indice imparfait. Elle doit être interprétée avec la durée de l'effort, la chaleur, les pertes de masse, l'alimentation, les boissons et les symptômes, jamais isolément.

Que se passe-t-il après l'effort ?

Après une séance ou un match, le joueur continue à perdre de l'eau par la respiration, la peau et les urines. S'il doit récupérer rapidement avant un autre entraînement ou une autre rencontre, la réhydratation doit être organisée avec une boisson et des aliments contenant du sodium.

Les recommandations de référence proposent souvent de consommer environ 125 à 150 % du déficit hydrique mesuré lorsque le délai de récupération est court [11]. Une perte estimée de 1 kg peut ainsi conduire à viser environ 1,25 à 1,5 litre réparti dans les heures suivantes, plutôt qu'à boire tout le volume en une seule fois. Ce repère concerne surtout une récupération rapide après une perte mesurée chez un adulte en bonne santé ; il ne constitue pas un objectif nécessaire après chaque entraînement. Le besoin réel dépend de l'alimentation, de l'urine, de la chaleur et du temps disponible.

Le sodium favorise la rétention du liquide ingéré. Une boisson seule peut être rapidement éliminée si le joueur ne mange pas et si le déficit est important. Un repas normal salé, un bouillon, des produits laitiers ou une boisson adaptée peuvent contribuer à la récupération selon les habitudes et les contraintes du joueur.

La couleur des urines dans les minutes qui suivent le match n'est pas un bon objectif. Le joueur n'a pas besoin de produire une urine parfaitement claire. Une réhydratation progressive, une alimentation adaptée et un retour à une sensation habituelle sont plus pertinents.

L'hyponatrémie est-elle liée à un manque de sel ?

L'hyponatrémie correspond à une concentration de sodium dans le sang inférieure à la normale, souvent définie en pratique par une valeur inférieure à 135 mmol/L. Dans le contexte de l'exercice, elle peut survenir pendant l'effort ou dans les 24 heures suivantes. Le mécanisme principalement décrit est une consommation de liquide hypotone supérieure à la capacité d'élimination des reins, parfois associée à une rétention d'eau favorisée par une sécrétion persistante d'hormones antidiurétiques [5, 6]. Une hyponatrémie peut toutefois résulter de plusieurs facteurs combinés et ne se déduit pas du seul volume bu.

Elle ne signifie donc pas simplement que le joueur a perdu du sodium dans sa sueur. Un sportif peut transpirer et perdre du sodium sans devenir hyponatrémique. À l'inverse, boire de très grandes quantités d'eau ou de boisson peu salée peut diluer le sodium sanguin, même si la perte de sueur n'est pas exceptionnelle.

Les premiers signes peuvent inclure des nausées, des vomissements, des maux de tête, une sensation de gonflement, une fatigue inhabituelle, des étourdissements ou une confusion. Une altération de la conscience, des convulsions ou un comportement anormal constituent une urgence [5, 6].

PRUDENCE — Une hyponatrémie ne se corrige pas en faisant boire davantage

Si un joueur présente des symptômes neurologiques ou digestifs importants après avoir beaucoup bu, il faut arrêter l'effort et demander une aide médicale. Lui faire absorber de grandes quantités d'eau peut aggraver la dilution du sodium sanguin.

La prévention repose surtout sur l'absence de consommation forcée et sur une stratégie adaptée aux pertes. Ajouter du sodium à une boisson ne rend pas illimitée la quantité de liquide que l'on peut boire. Une boisson légèrement salée ne garantit pas l'absence d'hyponatrémie si le volume total est excessif.

Qu'est-ce que l'hypernatrémie ?

L'hypernatrémie correspond à une concentration de sodium sanguin trop élevée, souvent définie par une valeur supérieure à 145 mmol/L. Elle traduit généralement un manque d'eau relatif par rapport au sodium, plutôt qu'une simple consommation excessive de sel [7]. Dans le sport, elle est beaucoup moins documentée que l'hyponatrémie d'exercice et la déshydratation courante : il s'agit d'un trouble biologique qui ne peut pas être diagnostiqué au bord du terrain.

Pendant une activité prolongée, elle peut théoriquement être favorisée par une perte importante de sueur et un accès insuffisant aux liquides, notamment lorsqu'il fait chaud et que l'effort se poursuit longtemps. Une forte transpiration ne suffit toutefois pas à conclure à une hypernatrémie, et les signes observés ne sont pas spécifiques. Les enfants, les personnes malades et les joueurs présentant une vulnérabilité particulière demandent une attention spécifique.

La soif intense, la sécheresse des muqueuses, la faiblesse, l'irritabilité et les troubles neurologiques peuvent accompagner une hypernatrémie. Ces signes ne permettent pas de la distinguer avec certitude d'autres urgences liées à la chaleur ou à l'effort. Une suspicion doit conduire à interrompre l'activité et à rechercher une évaluation médicale, surtout si la confusion, la somnolence, les convulsions ou l'effondrement apparaissent.

Il ne faut pas opposer mécaniquement les deux troubles comme si l'un venait toujours d'un manque de sel et l'autre d'un excès de sel. Ils concernent la concentration de sodium dans le sang, qui dépend du rapport entre sodium et eau, et non la seule quantité de sodium perdue dans la sueur.

Comment reconnaître une urgence liée à la chaleur ?

La chaleur augmente la contrainte cardiovasculaire et accélère souvent la sudation. Elle peut rendre une déshydratation plus probable, mais une crampe, une fatigue ou un mal de tête ne suffisent pas à diagnostiquer une maladie liée à la chaleur.

Une confusion, un comportement inhabituel, une perte de connaissance, une faiblesse extrême, des vomissements répétés, une incapacité à continuer ou une température corporelle très élevée doivent faire interrompre immédiatement l'activité et déclencher les procédures d'urgence du club [8, 13]. Il ne faut pas attendre que le joueur soit simplement « mieux hydraté ».

Le refroidissement rapide, l'appel aux secours et le suivi du protocole local sont prioritaires dans les situations graves. Faire boire une personne confuse ou inconsciente est dangereux. La distinction entre coup de chaleur, hyponatrémie, hypernatrémie, hypoglycémie et autres problèmes ne peut pas être faite correctement avec une simple observation du bord du terrain.

SUR LE TERRAIN — Signes qui dépassent une simple stratégie d'hydratation

Un joueur confus, qui s'effondre, vomit de manière répétée, convulse, perd connaissance ou présente une faiblesse inhabituelle doit être retiré du jeu et orienté vers une prise en charge urgente. La priorité n'est plus de calculer le volume de sa gourde.

Les jeunes joueurs doivent-ils boire comme les adultes ?

Les jeunes joueurs présentent une masse corporelle plus faible, une expérience moindre pour reconnaître la soif et parfois une dépendance à l'organisation de l'adulte. Leur stratégie doit donc être encadrée, sans reprendre mécaniquement les volumes recommandés pour un adulte de 70 ou 80 kg.

Un jeune doit avoir accès à une boisson lors des pauses, être encouragé à boire régulièrement sans être forcé à absorber un volume déterminé, et être observé par l'adulte plutôt que laissé seul avec le repère de la soif. La chaleur, l'équipement, la durée du tournoi et la possibilité de se mettre à l'ombre doivent être pris en compte.

Les parents et les éducateurs doivent connaître les signes inhabituels : changement de comportement, fatigue excessive, vomissements, confusion, absence de récupération ou malaise. Un joueur malade, fébrile ou prenant un traitement particulier ne relève pas d'une stratégie générale de groupe.

L'hydratation change-t-elle selon l'entraînement, le match et le tournoi ?

La séance d'entraînement est l'occasion d'observer la tolérance et les pertes du joueur. Elle permet de tester le type de boisson, le volume, le moment des prises et l'effet digestif, au lieu de découvrir une stratégie le jour d'un match important.

Un match peut augmenter la contrainte par son intensité, sa durée, la pression psychologique, les accélérations et la chaleur. Pourtant, un match frais de 90 minutes et un tournoi estival de plusieurs rencontres ne demandent pas la même gestion. Dans un tournoi, la récupération entre les matchs devient centrale : le joueur doit boire progressivement, manger suffisamment et surveiller les symptômes, sans tenter de rattraper le déficit en quelques minutes.

Les remplacements, les pauses et la mi-temps modifient les occasions de boire. Le gardien, les défenseurs, les milieux et les attaquants peuvent également avoir des profils de déplacement et de sudation différents. Il est plus utile de suivre le joueur et son contexte que d'attribuer une quantité fixe à son poste.

Comment construire une stratégie individualisée simple ?

Une stratégie réaliste peut partir de cinq questions :

  1. Dans quelles conditions le joueur transpire-t-il beaucoup ?
  2. Perd-il régulièrement de la masse pendant les séances longues ?
  3. Supporte-t-il bien la boisson utilisée, sans ballonnement ni urgence digestive ?
  4. Doit-il récupérer rapidement avant un autre effort ?
  5. Existe-t-il une maladie, un traitement ou un symptôme qui justifie un avis médical ?

Pour une séance ordinaire, la solution peut rester très simple : boire normalement dans la journée, prendre de l'eau aux pauses selon la soif et manger après l'effort. Pour une longue séance chaude ou un tournoi, on peut tester en amont une boisson contenant des glucides et du sodium, mesurer approximativement les pertes et organiser la récupération.

Il faut modifier une seule variable importante à la fois lorsque cela est possible. Si un joueur augmente simultanément l'eau, le sel, les glucides, les compléments et la durée d'entraînement, il devient impossible de comprendre ce qui l'aide ou ce qui lui donne des troubles digestifs.

La stratégie doit également être réévaluée lorsque la météo, la charge, le régime alimentaire, le poste ou le temps de jeu change. Une recommandation qui fonctionnait en hiver ne devient pas automatiquement la bonne en juillet.

Que faut-il retenir pour le football ?

Les connaissances permettent de retenir que l'hydratation est une stratégie individuelle et contextuelle. La chaleur, la durée, l'intensité, la sudation, l'accès à la boisson et le délai avant le prochain effort doivent être considérés ensemble.

Elles ne permettent pas d'affirmer qu'un joueur doit boire un volume fixe par heure, remplacer exactement toute sa sueur, ajouter du sel à chaque gourde ou boire jusqu'à obtenir des urines parfaitement claires. Elles ne permettent pas non plus de diagnostiquer une hyponatrémie ou une hypernatrémie à partir de la soif, d'une crampe ou d'une trace blanche sur un maillot.

Pour un club amateur, les recommandations les plus solides sont les suivantes :

  • garantir l'accès à une boisson pendant les séances et les matchs ;
  • éviter les consignes de consommation forcée ou les volumes identiques imposés à tous ;
  • habituer les joueurs à boire régulièrement dans la journée ;
  • tester les boissons pendant l'entraînement avant de les utiliser en match ;
  • individualiser davantage la stratégie en cas de chaleur, de forte sudation, de tournoi ou de récupération courte ;
  • associer la réhydratation post-effort à une alimentation contenant du sodium lorsque les pertes sont importantes ;
  • ne pas distribuer systématiquement comprimés de sel, boissons très concentrées ou compléments ;
  • connaître les signes d'urgence et ne pas faire boire une personne confuse ou inconsciente ;
  • adresser au professionnel de santé les joueurs présentant des symptômes répétés, une maladie connue ou un traitement particulier.

À RETENIR

Boire suffisamment ne signifie pas boire le plus possible. La meilleure stratégie pour le football consiste à commencer l'effort dans un état habituel, boire selon le contexte et la tolérance, éviter la consommation forcée, récupérer progressivement et reconnaître rapidement les signes qui nécessitent une prise en charge médicale.

Références scientifiques

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