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REVUE PRATIQUE

Que manger avant un entraînement ou un match de football ?

Cette revue explique comment organiser l'alimentation avant un entraînement, un match ou un tournoi : place des glucides, délai du repas, collations, digestion, boissons, compléments et adaptations nécessaires pour les jeunes joueurs.

Dernière mise à jour : août 2026

Que faut-il manger avant de jouer au football ?

Le repas d'avant-match est souvent entouré de règles rigides : éviter absolument les graisses, manger beaucoup de pâtes, supprimer les produits laitiers, prendre une banane, ne plus rien avaler trois heures avant ou, au contraire, ajouter une boisson glucidique ou énergisante juste avant l'échauffement.

Ces règles donnent l'impression qu'un aliment isolé décide de la performance. En réalité, la préparation commence bien avant le dernier repas. Le niveau de glycogène musculaire, l'état de récupération, le sommeil, l'hydratation, la tolérance digestive et les habitudes du joueur interagissent avec ce qui est mangé avant le coup d'envoi [1, 2].

L'objectif d'une alimentation pré-effort est plus simple : arriver avec une disponibilité énergétique suffisante, des réserves de glucides adaptées, un confort digestif satisfaisant et une hydratation habituelle, sans expérimenter un produit ou une quantité inhabituelle le jour du match.

POUR COMPRENDRE — Le repas d'avant ne peut pas tout réparer

Un repas pris deux heures avant le match ne remplit pas instantanément les réserves musculaires et ne compense pas plusieurs jours de récupération insuffisante. Il apporte surtout de l'énergie disponible, complète les réserves et réduit le risque de commencer l'effort avec la faim ou un inconfort digestif.

Cette revue distingue l'alimentation quotidienne, le repas avant un entraînement, le repas avant un match et la collation de dernière minute. Elle ne cherche pas à fournir un menu obligatoire, mais à expliquer comment construire une solution adaptée au joueur, à l'horaire et à la charge prévue.

Quelle énergie le football demande-t-il ?

Le football alterne marche, course, accélérations, freinages, sprints, duels, sauts et périodes de récupération. La durée totale du match est longue, mais les actions les plus intenses sont brèves et répétées. Cette combinaison sollicite plusieurs systèmes énergétiques et rend la disponibilité des glucides importante pour soutenir la répétition des efforts. Elle peut aussi contribuer à préserver la qualité technique et décisionnelle lorsque la fatigue augmente, même si les études ne mesurent pas toutes directement la prise de décision en match [2, 3, 6].

Les glucides sont stockés principalement sous forme de glycogène dans les muscles et le foie. Le glycogène musculaire sert au muscle qui le contient ; le glycogène hépatique contribue notamment au maintien de la glycémie. Les réserves ne sont pas infinies et diminuent avec les entraînements, les matchs et une alimentation insuffisante.

Les lipides fournissent également de l'énergie, particulièrement lors des intensités plus faibles et au repos. Les protéines participent au renouvellement et à la réparation des tissus. Dire que les glucides sont importants avant un match ne signifie donc pas que les lipides ou les protéines sont inutiles. Cela signifie que la proximité d'un effort intermittent intense donne une place particulière aux glucides faciles à tolérer.

Le joueur ne ressent pas directement le niveau de glycogène de ses muscles. La fatigue, la baisse de concentration ou la sensation de jambes vides peuvent avoir plusieurs causes. Elles ne permettent pas à elles seules de conclure qu'il faut augmenter les glucides au dernier moment.

Le repas de la veille est-il plus important que celui du jour du match ?

Pour un match isolé, la préparation alimentaire commence avec les repas précédents. Une alimentation régulière contenant suffisamment de glucides permet de maintenir les réserves sans dépendre d'un énorme repas la veille au soir. Le sommeil et la récupération influencent également la capacité à utiliser l'énergie disponible.

Une augmentation des glucides peut être pertinente avant une période de matchs rapprochés ou une charge inhabituelle, mais le football amateur ne nécessite pas automatiquement une stratégie de « charge glucidique » comparable à certaines épreuves d'endurance prolongées. Les besoins dépendent de la durée, du nombre de matchs, de la charge d'entraînement et de l'alimentation habituelle [2–4]. Dans la plupart des cas, une alimentation régulière et suffisante est plus importante qu'un apport exceptionnel la veille.

Un repas très copieux la veille peut dégrader le sommeil, provoquer une lourdeur digestive et créer une fausse impression de préparation. Un repas familier, suffisamment nourrissant et réparti normalement est généralement plus utile.

IDÉE REÇUE — Il faut manger énormément de pâtes la veille d'un match

Les glucides sont importants, mais un excès ponctuel ne garantit pas de meilleures réserves. La priorité est une alimentation régulière, adaptée à la charge et tolérée par le joueur.

Que manger avant un entraînement ?

Un entraînement ne demande pas toujours la même stratégie qu'un match. Une séance courte, technique ou peu intense peut être réalisée après un repas habituel sans collation particulière. Une séance longue, comprenant des jeux réduits intenses, des sprints ou un travail sous fatigue, augmente l'intérêt d'un apport alimentaire préalable adapté.

Le repas avant l'entraînement doit surtout éviter deux situations : commencer avec une faim importante ou commencer avec un estomac lourd. Une assiette contenant une source de glucides, une portion habituelle de protéines, des légumes selon la tolérance et une quantité modérée de matières grasses peut convenir lorsqu'elle est prise suffisamment tôt.

Un entraînement peut aussi servir à tester une stratégie destinée au match : horaire du repas, quantité, boisson, collation et tolérance digestive. Ce test doit être réalisé plusieurs fois dans des conditions comparables. Le jour du match n'est pas le moment de découvrir un gel, une boisson très sucrée ou un aliment conseillé par un coéquipier.

Il n'est pas nécessaire de manger davantage uniquement parce qu'un entraînement est prévu. La quantité doit suivre la durée, l'intensité, le temps depuis le dernier repas et l'objectif de la séance. Une stratégie énergétique peut être différente pour une séance de récupération et pour une séance de haute intensité.

Que manger avant un match ?

Le repas précédant un match doit apporter principalement des glucides, être suffisamment digeste et rester familier. La quantité dépend du délai disponible, de la masse du joueur, de la faim, de la charge prévue et de ce qu'il a déjà mangé dans la journée.

Les recommandations générales proposent souvent, lorsque le repas est pris une à quatre heures avant un effort prolongé, un apport de glucides pouvant se situer autour de 1 à 4 g/kg selon le délai et la tolérance [1, 3]. Il s'agit d'une large fourchette de référence pour un adulte en bonne santé, pas d'une obligation. La limite haute peut être difficile à atteindre et inutile pour certains joueurs, notamment si le repas précédent était proche, si la séance est courte ou si l'alimentation de la journée a déjà apporté suffisamment de glucides.

À quatre heures du match, un repas complet peut être possible. À deux heures, une portion plus modérée et moins grasse peut être préférable. À trente ou soixante minutes, une collation simple peut compléter sans chercher à constituer un nouveau repas.

Le joueur doit également tenir compte de la quantité totale consommée. Additionner un repas complet, une boisson glucidique, une barre, un gel et une banane dans un délai court peut produire plus d'inconfort que de bénéfice.

Pourquoi les glucides sont-ils centraux avant un match ?

Les glucides alimentaires sont digérés en molécules utilisables par l'organisme. Le glucose peut être utilisé rapidement, stocké sous forme de glycogène ou converti selon les besoins. Le type, la quantité et le moment de l'apport influencent la vitesse à laquelle le joueur le tolère et l'utilise.

Un repas riche en glucides n'est pas forcément un repas composé uniquement de sucre. Le pain, le riz, les pommes de terre, les pâtes, la semoule, les flocons d'avoine, les fruits et certains produits laitiers en apportent également. Le choix dépend des habitudes, de la tolérance et du temps avant l'effort.

Les aliments très sucrés ou les boissons glucidiques peuvent être utiles lorsqu'il reste peu de temps, mais ils ne sont pas automatiquement supérieurs à un repas solide. Une grande quantité de fructose, de polyols ou de boissons concentrées peut provoquer des symptômes digestifs chez certains joueurs [7].

La notion d'index glycémique ne doit pas être transformée en règle absolue. Un aliment à index glycémique élevé n'est pas toujours nécessaire avant le match, et un aliment contenant des fibres n'est pas toujours problématique lorsqu'il est bien toléré et consommé suffisamment tôt.

Faut-il manger des protéines avant l'effort ?

Les protéines sont indispensables à l'entretien et à la réparation des tissus. Leur présence dans le repas quotidien est importante, mais il n'est pas démontré qu'une grande dose de protéines juste avant un match améliore systématiquement la performance spécifique au football [1, 5]. Les données sur la supplémentation protéique et les adaptations à l'entraînement de résistance ne constituent pas une preuve directe d'un bénéfice aigu sur la performance d'un match [10].

Une portion habituelle de protéines peut accompagner le repas : œufs, poisson, viande, produits laitiers, tofu, légumineuses ou autre source adaptée au régime du joueur. À l'approche immédiate de l'effort, une portion très importante peut ralentir la digestion ou augmenter l'inconfort sans apporter de bénéfice immédiat clairement démontré. Elle ne doit pas servir à compenser une alimentation quotidienne insuffisante.

La protéine avant l'effort ne doit pas être utilisée pour compenser une alimentation quotidienne insuffisante. Si un joueur mange très peu, perd du poids involontairement ou enchaîne les séances avec une récupération médiocre, le problème mérite une évaluation globale et non l'ajout automatique d'une poudre.

Les lipides et les fibres faut-il les supprimer ?

Les lipides participent à l'alimentation générale et au fonctionnement de l'organisme. Les supprimer de manière chronique n'est pas une stratégie de performance et peut réduire la qualité globale de l'alimentation. En revanche, un repas très gras pris peu avant un effort peut ralentir la vidange gastrique et favoriser une sensation de lourdeur ou des troubles digestifs.

Les fibres sont importantes pour la santé digestive et l'alimentation quotidienne. Une grande quantité de légumineuses, de crudités, de céréales très complètes ou de fruits particulièrement riches en fibres juste avant un match peut toutefois gêner certains joueurs. D'autres les tolèrent sans difficulté.

La bonne question n'est donc pas « les lipides et les fibres sont-ils interdits ? », mais « quelle quantité ce joueur tolère-t-il à ce moment précis ? ». La réponse doit être testée à l'entraînement.

PRUDENCE — Une alimentation saine n'est pas toujours identique avant l'effort

Un repas riche en fibres et en matières grasses peut être excellent au quotidien mais mal toléré une heure avant un match. Il ne faut ni supprimer durablement ces aliments ni les imposer à proximité d'un effort intense.

Le délai avant l'effort change-t-il le repas ?

Le délai est l'un des déterminants les plus pratiques. Plus le repas est éloigné du coup d'envoi, plus il peut ressembler à un repas complet. Plus il est proche, plus la quantité doit être réduite et la digestion facilitée.

Trois à quatre heures avant

Un repas complet peut contenir une portion généreuse de glucides, une portion habituelle de protéines, des légumes tolérés et une quantité modérée de matières grasses. Le joueur dispose de temps pour digérer et peut ajuster avec une petite collation si la faim revient.

Deux heures avant

Une portion plus modérée convient souvent mieux : riz, pâtes, pommes de terre, pain ou semoule accompagnés d'une source de protéines facile à digérer. Les aliments très gras, les sauces lourdes et les quantités inhabituelles sont moins adaptés.

Trente à soixante minutes avant

Une collation simple peut être utile si le joueur a faim ou si le dernier repas était éloigné : fruit, compote, pain, céréales simples, petite boisson glucidique ou autre aliment déjà testé. Elle ne doit pas être obligatoire pour tous.

Moins de trente minutes avant

Il est rarement pertinent de tenter de prendre un repas. Une petite quantité liquide ou semi-solide peut convenir à certains joueurs, tandis que d'autres préfèrent ne rien ajouter. Le confort digestif et l'habitude priment sur une règle générale.

Ces horaires sont des repères organisationnels, pas des frontières physiologiques exactes. La digestion varie selon le joueur, le stress, la chaleur, la quantité et la composition du repas.

Que faire lors d'un match le matin ?

Un match matinal réduit le temps disponible pour manger et peut diminuer l'appétit. Le joueur peut prendre un petit-déjeuner digeste composé d'aliments familiers et compléter si nécessaire avec une collation proche du départ.

Un petit-déjeuner possible peut associer pain ou céréales simples, fruit ou compote et une source de protéines tolérée. Les produits laitiers ne sont pas interdits, mais un joueur qui les digère mal avant l'effort doit choisir une alternative testée.

Si le joueur ne parvient pas à manger tôt, l'organisation de la veille devient importante. Il peut également prendre une petite collation liquide ou semi-solide, mais il ne doit pas tenter de compenser avec une grande quantité de nourriture juste avant l'échauffement.

Le stress matinal, le manque de sommeil et le déplacement peuvent influencer la digestion autant que l'aliment lui-même. La stratégie doit être répétée lors d'entraînements matinaux avant d'être utilisée en compétition.

Que faire lors d'un match en fin de matinée ou l'après-midi ?

Un match en fin de matinée permet souvent un petit-déjeuner puis une collation ou un repas léger. Un match l'après-midi laisse davantage de temps pour un petit-déjeuner normal et un déjeuner pris environ trois à quatre heures avant le coup d'envoi.

Le repas doit être suffisamment nourrissant pour éviter la faim, mais pas tellement abondant qu'il gêne l'échauffement. Une collation peut être ajoutée si le repas est tôt, si le joueur a une forte dépense ou si le temps de déplacement retarde le repas suivant.

L'erreur fréquente consiste à manger très peu toute la journée par peur d'être lourd, puis à essayer de rattraper les glucides une heure avant le match. Une répartition régulière est généralement plus confortable.

Que faire lors d'un match en soirée ?

Le joueur peut prendre un petit-déjeuner et un déjeuner habituels, puis un repas ou une collation avant le match. Il doit éviter de rester de longues heures sans manger avant de consommer une grande quantité en fin d'après-midi.

Un repas pris trois à quatre heures avant peut être complet. Une collation une à deux heures avant peut compléter si la faim revient. Après le match, le repas de récupération doit être anticipé si l'horaire tardif rend difficile une alimentation normale.

Les déplacements et les repas pris à l'extérieur nécessitent une organisation simple : prévoir un aliment familier, vérifier les conditions de conservation et ne pas compter sur un achat de dernière minute. La sécurité alimentaire reste prioritaire.

Les troubles digestifs sont-ils un signe que le repas est mauvais ?

Les troubles digestifs pendant l'effort peuvent inclure nausées, reflux, ballonnements, crampes abdominales, urgence d'aller à la selle ou diarrhée. Ils sont fréquents chez les sportifs et peuvent dépendre de la quantité, de la composition du repas, de la chaleur, de l'intensité, du stress, de l'hydratation et de la sensibilité individuelle [7, 13].

Un aliment sain peut être mal toléré à proximité d'un match, et un aliment simple peut devenir problématique lorsqu'il est consommé en trop grande quantité. Les boissons très concentrées, les repas gras, les grandes quantités de fibres, les édulcorants de type polyol et certains produits laitiers sont des déclencheurs possibles chez certains joueurs, pas des interdits universels.

La méthode la plus utile consiste à noter le repas, l'horaire, la quantité approximative, la boisson, l'intensité et les symptômes. Une seule observation ne suffit pas pour condamner un aliment. Les récidives dans des conditions comparables donnent davantage d'informations.

Une douleur importante, des vomissements répétés, du sang dans les selles, une perte de poids involontaire ou des symptômes survenant aussi au repos justifient un avis médical. Le joueur ne doit pas modifier seul toute son alimentation pour masquer un problème digestif persistant.

Une boisson glucidique est-elle nécessaire avant un match ?

Une boisson glucidique n'est pas nécessaire par principe. L'eau, un repas adapté et une collation familière peuvent suffire pour un grand nombre de séances et de matchs.

Une boisson contenant des glucides peut être utile lorsque le délai est court, que le joueur ne tolère pas les aliments solides ou que la durée et l'intensité rendent un apport complémentaire pertinent. Les données sur l'apport glucidique pendant l'exercice ne doivent toutefois pas être transformées automatiquement en obligation avant chaque match [8]. Elle doit être testée à l'entraînement et consommée selon la tolérance.

Les boissons stimulantes, les boissons énergisantes et les boissons glucidiques ne sont pas équivalentes. La caféine, les fortes doses de sucre, les mélanges de plantes et les autres stimulants peuvent provoquer nervosité, palpitations, troubles digestifs ou perturbation du sommeil. Ils ne doivent pas être distribués aux jeunes joueurs comme solution standard.

Les gels et compléments ne remplacent pas un repas. Leur intérêt dépend du contexte, de la durée et de la capacité du joueur à les tolérer. Un produit présenté comme « performance » n'est pas automatiquement utile ni contrôlé de la même façon qu'un aliment ordinaire.

Faut-il prendre des compléments avant l'effort ?

Chez un joueur en bonne santé qui mange suffisamment, aucun complément général ne remplace une alimentation adaptée. Le magnésium, les vitamines, les acides aminés, les poudres protéinées et les produits pré-entraînement ne doivent pas être pris automatiquement avant un match.

Un complément peut avoir une place dans une situation identifiée : carence diagnostiquée, régime particulier, contrainte alimentaire ou recommandation d'un professionnel qualifié. Le complément doit alors répondre à une question précise et être compatible avec l'âge, la santé et les règles antidopage [12].

La caféine peut améliorer certaines composantes de la performance dans des conditions précises, mais son effet dépend de la dose, de l'habitude, de l'heure et de la sensibilité individuelle. Elle peut perturber le sommeil et demande une attention particulière chez les jeunes. La revue présente l'alimentation pré-effort ; elle ne transforme pas la caféine en recommandation de routine [12].

IDÉE REÇUE — Un produit compliqué n'est pas forcément plus efficace

Avant un match, la régularité du repas, la quantité de glucides tolérée, le confort digestif et l'hydratation ont généralement plus d'importance qu'un complément choisi au dernier moment.

L'alimentation doit-elle être différente pour les jeunes joueurs ?

Les enfants et les adolescents grandissent, s'entraînent parfois après l'école et dépendent souvent des adultes pour organiser les repas. Ils ne doivent pas être traités comme de petits adultes soumis à une restriction alimentaire ou à un calcul permanent des calories [11].

Le repas doit soutenir la croissance, l'activité physique et la récupération. Une collation avant l'entraînement peut être utile après une journée scolaire longue, surtout si le repas précédent est éloigné. Elle doit rester simple et adaptée à l'appétit.

La priorité est de proposer régulièrement des aliments variés, de laisser une place aux glucides, d'assurer une source de protéines et d'éviter les expérimentations de compléments ou de boissons stimulantes. Une perte de poids volontaire, une peur de manger avant le sport, des malaises ou une fatigue persistante nécessitent l'intervention d'un professionnel.

Les parents et les éducateurs doivent éviter de commenter le poids ou la silhouette comme critère de performance. L'objectif est de soutenir le joueur, pas de créer une relation anxieuse avec les repas.

Que manger avant un tournoi ?

Un tournoi impose plusieurs efforts séparés par des périodes de récupération parfois courtes. Le premier match ne doit pas être préparé comme si le joueur pouvait ensuite récupérer tranquillement toute la journée.

Le repas précédent doit être suffisamment riche en glucides et digeste. Entre les matchs, une collation simple peut compléter les apports : fruit, compote, pain, barre céréalière familière ou boisson glucidique selon la tolérance. Les quantités doivent rester compatibles avec le temps avant le match suivant. Une récupération alimentaire bien organisée influence directement la capacité à aborder l'effort suivant [9].

Le joueur doit également boire régulièrement, se mettre à l'ombre ou au frais lorsque c'est possible et prendre un vrai repas dès qu'une fenêtre suffisante apparaît. L'alimentation ne compense pas un temps de récupération trop court, une chaleur excessive ou des symptômes inquiétants.

Un tournoi est une situation idéale pour tester l'organisation lors des entraînements ou des journées amicales. Il ne faut pas attendre la compétition pour découvrir qu'un produit donne des nausées.

Comment construire une stratégie personnelle ?

Une stratégie simple peut partir de six questions :

  1. À quelle heure commence l'effort ?
  2. Quand le joueur a-t-il pris son dernier repas complet ?
  3. Quelle durée et quelle intensité sont prévues ?
  4. Quels aliments glucidiques sont bien tolérés ?
  5. Existe-t-il des troubles digestifs, une allergie, une maladie ou un régime particulier ?
  6. Le joueur doit-il enchaîner plusieurs efforts ?

Le joueur peut ensuite tester une combinaison familière lors de plusieurs entraînements comparables. Il note l'horaire, les aliments, la quantité approximative, la boisson, la faim, le confort digestif et la sensation pendant la séance.

Il est préférable de modifier une seule variable à la fois. Si le joueur change simultanément le repas, la boisson, les compléments et l'heure du coucher, il ne saura pas ce qui explique une amélioration ou un inconfort.

SUR LE TERRAIN — Une méthode simple pour le club

Prévoir un repas ou une collation familière, vérifier le délai avant l'effort, limiter les aliments inhabituels ou très gras juste avant de jouer, assurer l'accès à une boisson et conserver une solution de secours simple pour les déplacements et les tournois.

Que faut-il retenir pour l'entraînement et le match ?

Pour l'entraînement, l'alimentation doit suivre la charge et l'objectif de la séance. Une séance légère ne justifie pas toujours une collation particulière. Une séance longue ou intense peut nécessiter une préparation plus riche en glucides, surtout si le repas précédent est éloigné.

Pour le match, la priorité est d'arriver avec des réserves adaptées, sans faim excessive ni lourdeur digestive. Le repas doit être familier, suffisamment riche en glucides et ajusté au délai. Une collation peut compléter, mais elle n'est pas obligatoire pour tous.

Pour le tournoi, l'organisation doit prévoir l'enchaînement des efforts, les temps de récupération, les boissons, les aliments conservables et les signes de mauvaise tolérance. Les jeunes joueurs nécessitent une attention particulière et ne doivent pas être soumis aux stratégies de restriction ou de supplémentation des adultes.

La science ne permet pas de définir un menu unique, une quantité parfaite ou un aliment miracle. Elle permet en revanche de défendre quelques principes solides : la régularité compte, les glucides sont importants pour les efforts intermittents intenses, le délai modifie la quantité et la composition du repas, le confort digestif est individuel et toute stratégie doit être testée avant la compétition [1, 2].

À retenir

  • La préparation alimentaire commence avec les repas précédant le match, pas uniquement avec la dernière collation.
  • Les glucides ont une place importante avant les efforts intermittents et intenses du football.
  • La quantité dépend de la masse du joueur, du délai, de la charge, de la faim et de la tolérance digestive.
  • Plus le repas est proche du coup d'envoi, plus il doit généralement être simple et modéré.
  • Les lipides et les fibres ne sont pas à supprimer de l'alimentation quotidienne, mais de grandes quantités peuvent gêner certains joueurs juste avant l'effort.
  • Le repas avant un entraînement peut être plus simple que celui avant un match, selon la charge prévue.
  • Une collation n'est utile que si elle répond à un besoin réel : repas éloigné, faim, séance longue ou enchaînement d'efforts.
  • Les boissons glucidiques, boissons énergisantes, gels et compléments ne sont pas nécessaires pour tous.
  • Un aliment ou une stratégie doit être testé à l'entraînement avant d'être utilisé en match.
  • Les jeunes joueurs doivent être nourris pour grandir, s'entraîner et récupérer, sans restriction ou supplémentation automatique.
  • Les troubles digestifs répétés, la perte de poids involontaire et les malaises nécessitent un avis professionnel.

Références scientifiques

  1. Thomas DT, Erdman KA, Burke LM. Position of the Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada, and the American College of Sports Medicine: Nutrition and Athletic Performance. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics. 2016;116(3):501-528. DOI · PubMed
  2. Collins J, Maughan RJ, Gleeson M, Bilsborough J, Jeukendrup A, Morton JP, et al. UEFA expert group statement on nutrition in elite football. Current evidence to inform practical recommendations and guide future research. British Journal of Sports Medicine. 2021;55(7):416-426. DOI · PubMed
  3. Burke LM, Hawley JA, Wong SHS, Jeukendrup AE. Carbohydrates for training and competition. Journal of Sports Sciences. 2011;29 Suppl 1:S17-S27. DOI · PubMed
  4. Impey SG, Hearris MA, Hammond KM, Bartlett JD, Louis J, Close GL, Morton JP. Fuel for the work required: a theoretical framework for carbohydrate periodization and the glycogen threshold hypothesis. Sports Medicine. 2018;48(5):1031-1048. DOI · PubMed
  5. Kerksick CM, Arent S, Schoenfeld BJ, Stout JR, Campbell B, Wilborn CD, et al. International Society of Sports Nutrition position stand: nutrient timing. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2017;14:33. DOI · PubMed
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  7. de Oliveira EP, Burini RC, Jeukendrup A. Gastrointestinal complaints during exercise: prevalence, etiology, and nutritional recommendations. Sports Medicine. 2014;44 Suppl 1:S79-S85. DOI · PubMed
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