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REVUE PRATIQUE

Que mesure réellement la VMA et comment l’utiliser pour entraîner un footballeur ?

Très utilisée pour tester les joueurs et prescrire les courses, la VMA est souvent considérée comme une valeur simple et universelle. Pourtant, le résultat dépend du protocole utilisé. Cette revue explique ce qu’elle mesure réellement et comment l’utiliser intelligemment en football.

Dernière mise à jour : août 2026

Introduction — Pourquoi la VMA est-elle autant utilisée dans le football ?

Dans le football français, peu de notions de préparation physique sont aussi familières que la VMA.

Un joueur réalise un test.

À la fin, un chiffre apparaît :

15 km/h

17 km/h

19 km/h.

À partir de ce chiffre, l’éducateur peut ensuite calculer :

90 % de VMA

100 % de VMA

110 % de VMA

voire :

120 % de VMA.

Le résultat est extrêmement pratique.

Une capacité physiologique complexe semble pouvoir être transformée en une vitesse, puis cette vitesse en distances à parcourir pendant l’entraînement.

Cette logique explique en grande partie le succès de la VMA.

Des tests continus de terrain permettant d’estimer une vitesse associée aux capacités aérobies maximales sont utilisés depuis plusieurs décennies. Dès 1980, Léger et Boucher proposaient un test progressif continu sur piste destiné à estimer la consommation maximale d’oxygène et à fournir une vitesse terminale utilisable sur le terrain [1].

Mais cette simplicité possède une contrepartie.

Lorsque nous disons :

« ce joueur a une VMA de 17 km/h »

nous pouvons donner l’impression que 17 km/h constitue une propriété physiologique parfaitement définie, indépendante de la manière dont elle a été obtenue.

Or la littérature montre que la vitesse maximale ou terminale observée dépend notamment :

  • du protocole ;
  • de la durée des paliers ;
  • du caractère continu ou intermittent de l’exercice ;
  • des changements de direction ;
  • des récupérations ;
  • et, dans certaines situations, de la présence du ballon.

Chez les mêmes joueurs de football semi-professionnels, Riboli et collaborateurs ont par exemple observé des vitesses associées à VO₂max de 19,4, 17,4 et 16,1 km/h selon trois protocoles différents, alors que les VO₂max mesurées ne différaient pas significativement [4].

La VMA n’est donc pas inutile.

Bien au contraire.

Elle peut constituer une excellente vitesse de référence pour construire et individualiser certaines situations d’entraînement.

Mais elle doit être utilisée pour ce qu’elle est réellement.

PRUDENCE — Une valeur utile n’est pas nécessairement une valeur universelle

Dire :

« ce joueur a obtenu 17 km/h au VAMEVAL »

est beaucoup plus précis que :

« la vraie VMA de ce joueur est exactement 17 km/h ».

Le premier énoncé décrit une performance observée dans un protocole.

Le second lui attribue une universalité que le test ne garantit pas.

L’objectif de cette revue est donc de répondre à deux questions complémentaires :

Que représente réellement la VMA ?

et :

comment peut-on utiliser cette vitesse intelligemment pour entraîner un footballeur ?

Qu’est-ce que réellement la VMA ?

L’expression vitesse maximale aérobie associe une vitesse de locomotion à une capacité métabolique.

Lorsqu’un joueur court à des vitesses progressivement plus élevées, le coût énergétique de son déplacement augmente. Son organisme doit resynthétiser davantage d’ATP par unité de temps. La contribution du métabolisme oxydatif augmente alors et, dans un test incrémental suffisamment intense, la consommation d’oxygène peut finir par atteindre sa valeur maximale.

Nous pouvons donc représenter :

vitesse de course

demande énergétique

augmentation de la consommation d’oxygène

VO₂max.

Au sens physiologique, la notion de vitesse maximale aérobie cherche à identifier la vitesse minimale de course permettant d’atteindre VO₂max dans les conditions du protocole utilisé.

Dans la littérature internationale, une notion très proche est souvent appelée vVO₂max, c’est-à-dire la vitesse associée à VO₂max.

Les méthodes exactes permettant de déterminer cette vitesse ne sont toutefois pas uniformes, ce qui peut modifier la valeur obtenue [4].

DÉFINITION — VMA

Au sens physiologique, la VMA désigne la vitesse minimale de course permettant d’atteindre VO₂max dans les conditions d’un protocole donné.

Sur le terrain, le terme « VMA » est souvent utilisé plus largement pour désigner la vitesse terminale ou la vitesse du dernier palier complété lors d’un test conçu pour approcher cette zone physiologique.

Ces deux valeurs peuvent être proches, mais elles ne doivent pas être considérées automatiquement comme identiques.

Pourquoi la vitesse terminale d’un test peut-elle dépasser la vitesse minimale associée à VO₂max ?

Lorsque VO₂max est atteinte, le joueur peut parfois continuer à soutenir la vitesse atteinte ou même passer à un palier supérieur grâce à des contributions énergétiques supplémentaires.

La vitesse terminale du test peut alors devenir supérieure à la vitesse minimale réellement nécessaire pour provoquer VO₂max.

C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut distinguer :

une vitesse physiologiquement associée à VO₂max

et :

la vitesse finale atteinte lors d’un protocole particulier.

L’étude de Riboli et collaborateurs constitue une démonstration particulièrement claire de cette distinction : modifier la structure du test changeait fortement la vitesse associée à VO₂max, sans modification significative de VO₂max chez les mêmes seize joueurs [4].

VO₂max, VMA, vVO₂max, VIFT et vitesse maximale de sprint

VO₂max correspond à un débit maximal de consommation d’oxygène.

vVO₂max correspond à une vitesse associée à VO₂max dans un protocole donné.

VMA est utilisée, selon le contexte, pour désigner soit cette vitesse physiologique, soit plus largement une vitesse terminale issue d’un test de terrain conçu pour l’approcher.

VIFT correspond à la vitesse finale atteinte au 30-15 Intermittent Fitness Test.

La vitesse maximale de sprint correspond à la plus grande vitesse locomotrice que le joueur peut atteindre.

À RETENIR

VO₂max → débit maximal de consommation d’oxygène.

vVO₂max → vitesse associée à VO₂max dans un protocole.

VMA → vitesse maximale aérobie au sens physiologique, ou vitesse de terrain utilisée comme approximation selon les pratiques.

VIFT → vitesse terminale spécifique du 30-15 IFT.

Vitesse maximale de sprint → vitesse locomotrice maximale.

Ces données sont liées, mais elles ne sont pas synonymes.

Pourquoi ne pas appeler simplement VIFT « VMA intermittente » ?

Le 30-15 IFT alterne des séquences de course de 30 secondes et des récupérations de 15 secondes, avec une vitesse progressivement croissante.

Sa vitesse terminale est donc produite dans une tâche intermittente comportant :

  • des périodes de récupération ;
  • des changements de direction ;
  • des accélérations répétées ;
  • et une durée de test particulière.

Dans l’étude originelle de Buchheit, VIFT était associée à plusieurs caractéristiques pertinentes pour l’exercice intermittent, notamment VO₂max, certaines qualités neuromusculaires et la récupération cardiorespiratoire. Son utilisation comme référence de prescription réduisait également la variabilité interindividuelle de fréquence cardiaque pendant certains intervalles courts par rapport aux références issues de tests continus [5].

Les expériences de Haydar et collaborateurs montrent en outre que la récupération et les changements de direction participent effectivement à la performance terminale du 30-15 IFT [7].

Pour éviter les confusions, il est donc préférable de parler de :

VIFT

plutôt que d’une prétendue :

« VMA intermittente »

qui serait automatiquement convertible en VMA continue.

POUR COMPRENDRE — Le plafond et la vitesse permettant de l’atteindre

La VO₂max peut être imaginée comme un plafond physiologique.

La VMA cherche à répondre :

« À quelle vitesse de course ce plafond est-il atteint ? »

Mais la réponse dépend également de la manière dont nous conduisons le joueur vers ce plafond.

La VMA est-elle une caractéristique du joueur ou le résultat d’un test ?

Cette question se trouve au cœur de toute la revue.

Lorsqu’un joueur mesure 1,80 m, le chiffre ne dépend pratiquement pas du protocole de mesure. La VMA fonctionne différemment.

Le test participe à la valeur obtenue

Berthoin et collaborateurs ont comparé chez dix-sept sujets un test progressif continu sur piste, un test navette et un test de laboratoire sur tapis roulant.

La vitesse maximale moyenne atteinte était d’environ :

15,8 km/h sur piste

15,9 km/h sur tapis

mais seulement :

13,1 km/h lors du test navette [3].

Plus récemment, Riboli et collaborateurs ont retrouvé le même principe en laboratoire : trois protocoles différents aboutissaient chez les mêmes footballeurs à trois vitesses différentes malgré des VO₂max comparables [4].

En 2025, Smith et collaborateurs ont comparé chez vingt-six joueurs d’académie trois méthodes pratiques d’estimation de la MAS : un contre-la-montre de six minutes, un 1 800 m et une estimation dérivée du 30-15 IFT.

Les résultats étaient associés, mais les trois méthodes donnaient des estimations significativement différentes [8].

Le protocole ne sert donc pas uniquement à révéler la performance

Il participe à la performance observée.

Un test possède :

  • une durée ;
  • une progression de vitesse ;
  • une géométrie ;
  • des récupérations éventuelles ;
  • une fréquence de changements de direction ;
  • une stratégie d’allure plus ou moins imposée ;
  • et des critères d’arrêt.

Toutes ces caractéristiques interagissent avec les qualités du joueur.

Nous pouvons donc résumer :

joueur × capacités × protocole = résultat du test.

Corrélation ne signifie pas interchangeabilité

Deux tests peuvent classer les joueurs de façon assez similaire tout en fournissant des valeurs absolues différentes.

Une forte corrélation indique que les performances évoluent ensemble.

Elle ne démontre pas que :

15,5 km/h au test A = 15,5 km/h au test B.

PRUDENCE — « Les deux tests sont corrélés »

Cette phrase ne permet pas de conclure :

« Les deux tests donnent la même VMA. »

Deux balances pourraient classer les personnes du plus léger au plus lourd tout en présentant systématiquement plusieurs kilogrammes d’écart.

Elles seraient fortement corrélées sans être interchangeables.

La même logique s’applique aux tests de course.

Une formulation plus rigoureuse sur le terrain

Plutôt que d’écrire :

VMA : 17 km/h

nous pouvons écrire :

VAMEVAL : 17 km/h

ou :

30-15 IFT — VIFT : 19 km/h.

Nous conservons ainsi la valeur et la méthode qui lui donne son sens.

Comment détermine-t-on une VMA et pourquoi les tests donnent-ils des résultats différents ?

Il n’existe pas une seule méthode de détermination ou d’estimation.

Les approches se répartissent schématiquement entre :

  • tests de laboratoire ;
  • tests progressifs continus de terrain ;
  • tests navettes ;
  • tests intermittents ;
  • contre-la-montre.

En laboratoire

La méthode la plus riche consiste à associer un test incrémental à une analyse directe des échanges gazeux.

Nous pouvons alors observer simultanément la vitesse et la consommation d’oxygène.

Mais même dans ce contexte, la manière retenue pour associer une vitesse à VO₂max influence le résultat [4].

Les tests continus progressifs sur piste

Le test de l’Université de Montréal proposé par Léger et Boucher fait partie des travaux historiques ayant permis de transformer une performance progressive de terrain en estimation des capacités aérobies [1].

Le principe général de tests tels que l’UMTT ou le VAMEVAL consiste à courir continuellement sur une piste ou un parcours balisé tandis que la vitesse imposée augmente progressivement.

Les tests navettes

Le test navette de 20 m ajoute une contrainte essentielle :

le joueur doit continuellement freiner, changer de direction et accélérer.

Léger et Lambert ont initialement développé ce type de test pour prédire VO₂max à partir d’un protocole progressif de terrain [2].

Mais les comparaisons ultérieures montrent que la vitesse terminale du test navette ne doit pas être assimilée à celle d’un test continu sur piste [3].

Les tests intermittents

Le 30-15 IFT ajoute des récupérations répétées aux changements de direction.

La VIFT devient donc une vitesse terminale issue d’une tâche plus complexe qu’une course progressive continue [5–7].

Buchheit et collaborateurs ont par exemple observé une VO₂peak comparable entre un test continu et le 30-15 IFT, alors que la vitesse terminale était supérieure au 30-15 IFT et que certaines réponses ventilatoires et métaboliques différaient [6].

Les contre-la-montre

Une autre logique consiste à demander au joueur de parcourir la plus grande distance possible en un temps donné ou une distance fixée le plus rapidement possible.

La vitesse moyenne peut alors servir d’estimation pratique d’une vitesse aérobie de référence.

Cette méthode introduit une différence importante :

le joueur gère lui-même son allure.

Chez les joueurs d’académie étudiés par Smith et collaborateurs, les estimations issues d’un six minutes et d’un 1 800 m étaient fortement reliées, mais restaient significativement différentes entre elles et par rapport à l’estimation dérivée du 30-15 IFT [8].

Pourquoi les résultats changent-ils ?

Parce que chaque test ajoute ou retire certaines contraintes.

Haydar et collaborateurs ont modifié différents éléments du 30-15 IFT.

Par rapport au test original :

  • retirer les changements de direction augmentait la vitesse terminale à environ 103,1 % ;
  • rendre le test continu en supprimant les récupérations la réduisait à environ 93,2 % ;
  • modifier la longueur des navettes avait un effet plus faible dans leur protocole [7].

Ces résultats montrent que la récupération et la géométrie participent directement à la performance terminale.

POUR COMPRENDRE — Un test est une tâche

Le joueur ne nous montre jamais une capacité physiologique « pure ».

Il réalise toujours une tâche.

Cette tâche possède une durée, une géométrie, des récupérations, des accélérations, une stratégie d’allure et des règles.

Le résultat est donc :

joueur × capacités × protocole.

VAMEVAL, navette, contre-la-montre, 30-15 IFT : quelle information fournit réellement chaque méthode ?

Chercher « le meilleur test de VMA » est probablement moins utile que demander :

« quelle information ai-je besoin d’obtenir ? »

Un test continu progressif fournit une vitesse terminale dans une tâche continue

Il constitue une référence particulièrement facile à utiliser lorsque nous souhaitons ensuite prescrire des courses linéaires continues ou certains intervalles linéaires contrôlés.

Cela ne signifie pas qu’il mesure toute la capacité intermittente du footballeur.

Un test navette ajoute une dimension locomotrice

À mesure que la vitesse augmente, la capacité à gérer les demi-tours et à réaccélérer participe de plus en plus à la performance.

Le 30-15 IFT ajoute la récupération entre les efforts

La VIFT représente une performance terminale dans une tâche intermittente.

Elle reflète donc plusieurs qualités mobilisées par ce type de protocole et peut constituer une référence utile pour individualiser certaines formes d’entraînement intermittent [5].

Ce point ne signifie pas que VIFT mesure directement chacune de ces qualités indépendamment.

Il signifie que la performance finale est produite par leur interaction.

Le contre-la-montre demande une gestion autonome de l’allure

Contrairement au test progressif guidé par des signaux sonores, le joueur doit réguler lui-même sa vitesse.

La stratégie de pacing participe donc à la performance.

L’étude de Smith et collaborateurs montre que six minutes, 1 800 m et 30-15 IFT ne produisent pas la même estimation de MAS malgré des associations substantielles entre leurs résultats [8].

SUR LE TERRAIN

Le choix du test doit commencer par :

« À quoi servira le résultat ? »

Un test continu peut être particulièrement pratique pour prescrire des courses linéaires.

Un test intermittent peut offrir une référence utile pour certaines formes d’intermittent.

Le meilleur test n’est pas nécessairement celui qui semble le plus « football » :

c’est celui dont le résultat correspond à l’usage que nous voulons en faire.

Peut-on convertir la vitesse d’un test en celle d’un autre ?

L’idée est séduisante.

Une relation statistique peut exister entre deux tests. Berthoin et collaborateurs ont ainsi construit, dans leur échantillon, une équation reliant la vitesse du test navette à celle du test continu sur piste [3].

Mais une équation n’est pas une loi physiologique universelle.

Le Yo-Yo fournit une démonstration supplémentaire

Dupont et collaborateurs ont comparé chez quatorze footballeurs amateurs la vitesse obtenue au Yo-Yo Intermittent Recovery Test et la vitesse issue de l’Université de Montréal Track Test.

Les deux résultats étaient corrélés :

r = 0,79.

Mais l’erreur entre les méthodes variait selon le niveau de vitesse : l’écart n’était pas constant et les deux valeurs ne pouvaient donc pas être considérées comme simplement interchangeables [9].

Nous retrouvons le principe essentiel :

corrélation ≠ équivalence ≠ conversion universelle.

Et la conversion de VIFT ?

Dans certaines recherches ou pratiques, des équations ont été proposées pour estimer une MAS à partir de VIFT.

Smith et collaborateurs ont par exemple utilisé une estimation correspondant à 87 % de VIFT, mais les valeurs ainsi calculées restaient significativement différentes de celles obtenues par un six minutes et un 1 800 m [8].

Cela ne signifie pas que l’équation est inutile.

Cela signifie qu’elle appartient à une méthode de calcul particulière et ne doit pas être transformée en constante physiologique.

IDÉE REÇUE

« Pour passer d’une VMA intermittente à une VMA continue, il suffit d’appliquer un coefficient fixe. »

Une équation peut être valable pour une méthode déterminée dans une population déterminée.

Elle ne devient pas pour autant une constante universelle.

La solution la plus simple est souvent de conserver la référence d’origine

Si le joueur réalise un VAMEVAL, utilisons sa vitesse VAMEVAL lorsque le protocole d’entraînement est construit autour de cette référence.

S’il réalise un 30-15 IFT, utilisons VIFT lorsqu’un protocole est conçu autour de VIFT.

Pourquoi peut-on courir à plus de 100 % de VMA ?

La réponse tient au mot aérobie.

VMA ne signifie pas vitesse maximale du joueur

Supposons :

VMA = 17 km/h

et :

vitesse maximale de sprint = 31 km/h.

Courir à :

120 % de 17 km/h

correspond à :

20,4 km/h.

Cette vitesse est supramaximale par rapport à la référence aérobie, mais très inférieure à la vitesse maximale du joueur.

Les mesures réalisées chez de jeunes footballeurs montrent justement que MAS et vitesse maximale de sprint constituent deux dimensions distinctes du profil locomoteur [23,24].

Que se passe-t-il énergétiquement ?

Lorsque la vitesse dépasse celle associée à VO₂max, la demande énergétique instantanée dépasse ce que le métabolisme oxydatif peut fournir seul.

Les contributions de la phosphocréatine et de la glycolyse prennent donc une importance croissante.

Cela ne signifie pas que le métabolisme aérobie s’arrête.

Au contraire, VO₂ peut continuer à augmenter vers VO₂max pendant un effort supramaximal.

Chez les sujets étudiés par Billat et collaborateurs, des courses à 120 et 140 % de vVO₂max pouvaient conduire VO₂ jusqu’à VO₂max avant l’épuisement, alors que la durée tolérable diminuait fortement lorsque la vitesse augmentait [10].

IDÉE REÇUE

« 120 % de VMA est impossible puisque 100 % représente le maximum. »

100 % représente ici une référence liée à la puissance aérobie maximale.

Elle ne représente pas la vitesse maximale de course du joueur.

Pourquoi un pourcentage de VMA ne suffit-il pas à définir une séance ?

Lorsque nous écrivons 120 % VMA, nous ne décrivons qu’une seule dimension : la vitesse de travail relativement à une vitesse de référence.

La durée de l’effort

Courir à 120 % pendant 5 secondes n’est pas la même tâche que 15 secondes ou 45 secondes.

Billat et collaborateurs illustrent très bien cette relation entre vitesse et durée tolérable.

Dans leur petit échantillon, le temps moyen jusqu’à épuisement était approximativement :

13 min 22 s à 90 % de vVO₂max

5 min 47 s à 100 %

2 min 11 s à 120 %

et :

1 min 12 s à 140 % [10].

Ces chiffres ne sont pas des prescriptions universelles.

Ils montrent simplement que changer la vitesse transforme profondément la durée soutenable.

Le caractère intermittent change encore le problème

Dupont et collaborateurs ont étudié des répétitions de :

15 secondes de course

avec :

15 secondes de récupération passive

à :

110, 120, 130 et 140 % de VMA.

Dans ce protocole :

  • tous les sujets atteignaient VO₂max à 110 et 120 % ;
  • 120 % produisait le plus grand temps passé à VO₂max parmi les intensités comparées [12].

Ce résultat pourrait facilement devenir :

« Le 15-15 doit se faire à 120 % VMA. »

Ce serait une extrapolation abusive.

La conclusion scientifique est beaucoup plus précise :

dans ce protocole particulier, avec cette durée de travail, cette récupération passive et cette population, 120 % produisait cette réponse.

La récupération fait partie de la prescription

Dupont, Blondel et Berthoin ont ensuite comparé des exercices de :

15 s à 120 % VMA

avec :

15 s de récupération passive

ou :

15 s de récupération active à 50 % VMA.

Le temps moyen jusqu’à épuisement était d’environ :

745 secondes avec récupération passive

contre :

445 secondes avec récupération active [13].

La vitesse de travail était pourtant strictement identique.

Même rapport travail/récupération ne signifie pas même séance

15/15 et 30/30 possèdent tous deux un rapport 1:1.

Pourtant, les contraintes ne sont pas identiques.

Le volume compte aussi

Une répétition à 120 % n’est pas dix répétitions, et dix répétitions ne sont pas trois séries de dix.

Une prescription complète doit donc considérer au minimum :

vitesse

+

durée de l’effort

+

durée et nature de la récupération

+

nombre de répétitions

+

nombre de séries

+

modalité de déplacement.

POUR COMPRENDRE

Écrire :

« séance à 120 % VMA »

revient un peu à décrire un entraînement de musculation en disant uniquement :

« la barre pèse 80 kg ».

Il manque encore les répétitions, les séries, la récupération, l’amplitude, la vitesse d’exécution et le niveau du pratiquant.

Deux joueurs courant au même pourcentage de VMA subissent-ils la même contrainte ?

Utiliser un pourcentage individuel améliore l’individualisation.

Mais cela ne garantit pas une réponse identique.

À 100 % de vVO₂max, les temps tolérables restent variables

Blondel et collaborateurs ont étudié des sujets effectuant des courses jusqu’à épuisement à 90, 100, 120 et 140 % de vVO₂max.

Même à une intensité exprimée relativement à vVO₂max, les durées tolérables présentaient une variabilité interindividuelle importante [11].

La réserve de vitesse anaérobie

Deux joueurs partageant la même VMA peuvent avoir des vitesses maximales de sprint très différentes.

Cette observation conduit au concept d’Anaerobic Speed Reserve, ou réserve de vitesse anaérobie :

ASR = vitesse maximale de sprint − MAS.

Prenons deux joueurs :

Joueur A

VMA : 17 km/h Sprint max : 27 km/h ASR : 10 km/h

Joueur B

VMA : 17 km/h Sprint max : 34 km/h ASR : 17 km/h

À 20,4 km/h = 120 % de VMA, ils courent à la même vitesse absolue, mais cette vitesse se situe beaucoup plus près de la vitesse maximale du joueur A.

L’ASR résout-elle totalement le problème ?

Non.

Bok et collaborateurs ont comparé chez dix-sept sujets des exercices prescrits à partir de vVO₂max ou de différentes fractions de l’ASR.

L’utilisation de l’ASR réduisait certaines variabilités interindividuelles, notamment pour la lactatémie et la perception de l’effort, mais elle ne supprimait pas la forte variabilité du temps passé au-dessus de 90 % de VO₂max ou de FCmax [21].

Chez treize footballeuses, Aspin et collaborateurs ont également retrouvé des relations entre la réserve de vitesse et certaines réponses aiguës aux différents formats de HIIT, sans montrer que l’ASR homogénéise toutes les réponses [22].

PRUDENCE — Individualiser n’est pas uniformiser

Prescrire à 120 % de la VMA individuelle est beaucoup plus individualisé que faire courir tout le groupe à la même vitesse.

Mais cela ne garantit pas que tous les joueurs subissent exactement la même contrainte physiologique.

Les changements de direction transforment-ils l’exercice ?

Oui.

Imaginez deux exercices :

80 m en ligne droite

et :

4 × 20 m avec demi-tour.

La distance totale est identique.

Mais mécaniquement et physiologiquement, ce ne sont pas deux tâches identiques.

Chaque demi-tour nécessite de perdre puis de recréer de la vitesse

Chez dix joueurs professionnels, Akenhead et collaborateurs ont montré qu’à distance totale et vitesse moyenne comparables, augmenter la fréquence des navettes augmentait notamment :

  • le temps passé à accélérer ;
  • la lactatémie ;
  • la perception de l’effort ;
  • et certaines réponses de fréquence cardiaque [18].

La longueur des navettes modifie elle aussi la tâche

Zamparo et collaborateurs ont comparé des navettes maximales sur 5, 10 et 25 m.

La longueur des navettes modifiait fortement VO₂, la lactatémie et le coût énergétique de la locomotion [19].

Mais l’effet n’était pas simplement :

« plus il y a de demi-tours, plus tout augmente ».

La conclusion la plus juste est :

La longueur des navettes modifie profondément le profil mécanique et métabolique de l’exercice ; l’effet ne peut pas être résumé par une règle simple basée uniquement sur le nombre de demi-tours.

Ajuster la distance ne rend pas forcément les tâches identiques

Hader et collaborateurs ont ajusté individuellement les distances afin que les exercices linéaires et ceux avec changements de direction aient une durée comparable.

Dans ces conditions, certaines réponses globales, notamment VO₂, perception d’effort et performance de saut, étaient proches, mais certaines différences de lactatémie ou d’activité neuromusculaire pouvaient subsister [17].

SUR LE TERRAIN

Dès qu’un éducateur ajoute des demi-tours à un exercice calculé en % de VMA, il ne modifie pas seulement la géométrie.

Il modifie aussi les freinages, les accélérations, les contraintes musculaires et le profil énergétique.

Ainsi :

100 m en ligne

5 × 20 m

10 × 10 m.

Que change l’utilisation du ballon ?

Ajouter un ballon transforme la tâche.

Le joueur doit contrôler, conduire, lever la tête, adapter ses foulées et parfois diminuer sa vitesse pour conserver la maîtrise technique.

La vitesse terminale peut diminuer

Paulsen et collaborateurs ont comparé chez vingt-quatre footballeuses universitaires le 30-15 IFT classique et une version avec ballon.

La vitesse terminale moyenne était :

17,52 km/h sans ballon

contre :

15,82 km/h avec ballon [20].

La fréquence cardiaque de pic et la perception de l’effort étaient également supérieures dans la version sans ballon.

Cela ne signifie pas que la version avec ballon est mauvaise

Elle répond simplement à une autre question.

Sans ballon, nous isolons davantage la locomotion.

Avec ballon, nous évaluons une locomotion sous contrainte technique.

PRUDENCE — Pas de coefficient universel “avec ballon”

Le rapport entre les deux vitesses observées dans cette étude décrit une population et un protocole précis.

Il ne permet pas de conclure :

« avec ballon = VMA × un coefficient fixe ».

Quelle utilité réelle possède la VMA pour le football ?

Une VMA élevée peut être intéressante pour un footballeur.

Mais elle ne doit pas être confondue avec la performance footballistique.

La VMA renseigne d’abord sur une performance locomotrice liée aux capacités aérobies

Elle fournit une vitesse de référence située autour de la puissance aérobie maximale.

Cette donnée peut être utile pour :

  • organiser certaines courses ;
  • individualiser des intensités ;
  • comparer un joueur à lui-même dans le temps ;
  • construire des exercices suffisamment standardisés.

Mais elle n’explique pas directement :

  • la vitesse maximale ;
  • la force ;
  • la puissance ;
  • la capacité de changement de direction ;
  • la technique ;
  • la perception ;
  • la prise de décision.

La capacité à récupérer entre des efforts intenses ne se résume pas davantage à la VMA. Chez des footballeurs, Dupont et collaborateurs ont observé qu’une diminution plus rapide de VO₂ pendant la récupération était associée à une meilleure capacité de sprints répétés [27]. Ce résultat illustre qu’une caractéristique aérobie utile dans les efforts intermittents peut ne pas être décrite directement par la seule VMA.

Une meilleure VMA ne se transforme pas automatiquement en davantage d’actions intenses en match

Buchheit, Simpson et Mendez-Villanueva ont suivi chez de jeunes joueurs les changements de vitesse maximale aérobie et de vitesse maximale de sprint ainsi que l’activité de haute intensité en match.

Les évolutions des capacités physiques ne se traduisaient pas de manière simple et uniforme par des modifications de toutes les activités répétées à haute vitesse en compétition [26].

Nous retrouvons le même principe :

capacité physique ≠ quantité de cette capacité effectivement exprimée pendant un match.

La VMA est surtout un outil de préparation

SUR LE TERRAIN

La VMA est davantage un outil de préparation qu’un score de qualité footballistique.

Un joueur ne marque pas, ne défend pas ou ne prend pas une bonne décision parce que sa VMA est élevée.

La VMA peut en revanche aider l’éducateur à construire certaines charges de course de manière plus individualisée.

Peut-on améliorer la VMA d’un footballeur ?

Oui.

Les performances aux tests utilisés comme références de VMA peuvent progresser avec l’entraînement.

Mais améliorer la valeur du test ne nous indique pas automatiquement quel mécanisme physiologique s’est amélioré.

Un exemple avec de l’intermittent court

Dupont et collaborateurs ont étudié vingt-deux joueurs professionnels pendant deux périodes successives de dix semaines.

Pendant la période d’intervention, deux types de travail à haute intensité étaient ajoutés au programme habituel :

des 15 s à 120 % de VMA / 15 s de repos

et :

des répétitions de sprint de 40 m.

La VMA augmentait en moyenne d’environ 8,1 % et le temps au sprint de 40 m s’améliorait également, alors que ces variables n’avaient pas changé pendant la période contrôle [14].

Nous ne pouvons donc pas conclure :

15-15 à 120 % = +8 % de VMA garanti.

L’intervention associait travail intermittent et sprints.

Les jeux réduits peuvent eux aussi faire progresser les performances de terrain

Dellal et collaborateurs ont comparé pendant six semaines des jeux réduits et du travail intermittent de course chez vingt-deux joueurs amateurs.

Les deux groupes amélioraient leur performance au VAMEVAL et au 30-15 IFT, contrairement au groupe contrôle [16].

Course contrôlée et jeux réduits ne produisent pourtant pas la même standardisation

Dellal et collaborateurs avaient précédemment comparé la réponse cardiaque lors de jeux réduits et de courses intermittentes courtes chez des joueurs élites.

Certains jeux réduits atteignaient des intensités cardiaques proches de celles des intervalles, mais la variabilité interindividuelle de fréquence cardiaque était environ deux fois plus élevée dans les jeux réduits que dans la course intermittente étudiée [15].

Cela soutient une distinction pratique :

course contrôlée → charge plus facilement standardisable

jeu réduit → intégration footballistique plus importante mais réponse individuelle plus variable.

Le travail linéaire et le travail avec changements de direction peuvent tous deux faire progresser

Chez trente footballeuses élites, Stanković et collaborateurs ont comparé un programme HIIT linéaire à un programme comportant des changements de direction.

Les deux groupes amélioraient plusieurs performances physiques, dont la vitesse terminale au 30-15 IFT, sans avantage supérieur clairement démontré du groupe changements de direction pour les variables étudiées [29].

PRUDENCE

Améliorer la performance à un test de VMA signifie que le joueur est devenu meilleur dans cette performance.

Les mécanismes peuvent associer amélioration de VO₂max, économie de course, tolérance à l’effort, capacité de récupération, caractéristiques neuromusculaires et familiarisation avec le test.

Une amélioration du chiffre n’identifie pas à elle seule le mécanisme responsable.

Comment interpréter la VMA chez les jeunes joueurs ?

Chez les jeunes, la prudence doit être encore plus grande.

Les performances locomotrices évoluent pendant l’adolescence

Buchheit et Mendez-Villanueva ont comparé de jeunes joueurs appartenant notamment aux catégories U14, U16 et U18.

Les vitesses VAMEVAL et VIFT étaient plus élevées chez les groupes plus âgés que chez les U14, tandis que la vitesse maximale de sprint évoluait elle aussi avec l’âge [23].

Mais toutes les relations entre qualités ne changent pas forcément avec la maturation

Mendez-Villanueva et collaborateurs ont étudié la relation entre vitesse maximale de sprint et MAS chez des jeunes joueurs situés avant, autour et après le pic de croissance.

Après prise en compte allométrique de la masse corporelle, la relation entre les deux vitesses n’était pas significativement modifiée par la maturation [24].

Il faut donc éviter une simplification supplémentaire :

la maturation fait évoluer les performances absolues

mais cela ne signifie pas que :

toutes les relations entre qualités physiques changent nécessairement de la même manière.

Les données récentes confirment néanmoins le rôle important de la maturité sur la performance au 30-15 IFT

Une étude publiée en 2026 chez 113 jeunes footballeurs élites de 11 à 17 ans observait une augmentation de la vitesse maximale atteinte au 30-15 IFT avec l’âge et une forte association entre performance au test et maturité estimée :

r = 0,73 [25].

Un test peut être fiable sans rendre la comparaison simple

Le test de Carminatti a montré une bonne reproductibilité et des relations intéressantes avec des indicateurs aérobies de laboratoire chez de jeunes joueurs [28].

Mais un test fiable signifie qu’il mesure de manière suffisamment reproductible une performance.

Cela ne signifie pas que toutes les différences entre deux adolescents représentent uniquement leur potentiel sportif.

PRUDENCE — VMA et détection

Chez un jeune joueur :

VMA élevée ≠ meilleur potentiel footballistique.

Une performance au test peut être influencée par la maturation, la morphologie, l’expérience d’entraînement, la technique de course, la familiarisation avec le protocole et les qualités spécifiques sollicitées par le test.

La VMA doit rester un élément du profil et non un outil isolé de sélection.

Ce que la VMA permet — et ce qu’elle ne permet pas

Les limites de la VMA ne suppriment pas son intérêt.

Elles indiquent simplement comment l’utiliser correctement.

Ce qu’elle permet notamment

Elle permet de :

  • fournir une vitesse de référence individualisée ;
  • transformer une intensité choisie en distance de travail ;
  • standardiser certaines courses ;
  • suivre l’évolution d’une performance lorsqu’un même protocole est répété ;
  • différencier les vitesses de travail entre joueurs ;
  • construire certains exercices continus ou intermittents de manière reproductible.

Ce qu’elle ne permet pas à elle seule

Elle ne permet pas :

  • de connaître toute la charge physiologique d’une séance ;
  • de prédire précisément la réponse individuelle de chaque joueur ;
  • de rendre deux protocoles de test interchangeables ;
  • de rendre une navette équivalente à une course linéaire ;
  • de rendre un exercice avec ballon équivalent à une course sans ballon ;
  • de connaître la vitesse maximale du joueur ;
  • de prédire directement sa performance en match ;
  • de déterminer sa valeur footballistique.

À RETENIR

La VMA doit être considérée comme :

une référence de vitesse

et non :

une unité universelle de charge d’entraînement.

Sur le terrain — Comment utiliser concrètement la VMA dans un club amateur ?

1. Toujours noter le test utilisé

Écrire :

VAMEVAL : 17 km/h

est préférable à :

VMA : 17 km/h.

De même :

30-15 IFT : VIFT 19 km/h.

2. Utiliser le même test pour suivre une évolution

Même protocole. Même surface. Même consigne. Conditions de récupération aussi proches que possible.

3. Choisir le test en fonction de l’utilisation future

Une vitesse issue d’un test continu est facilement exploitable pour des courses linéaires.

VIFT peut être pertinente pour des intermittents courts conçus autour du 30-15 IFT [5].

4. Ne pas convertir inutilement

Conservons la référence d’origine lorsqu’elle correspond au protocole choisi.

5. Décrire complètement la séance

Plutôt que :

« 15-15 à 120 % VMA »

notons :

2 × 8 répétitions

15 s à 120 % de la vitesse VAMEVAL

15 s récupération passive

3 min entre les séries

course linéaire.

6. Recalculer les distances à partir de la vitesse

Exemple :

référence = 16 km/h

120 % = 19,2 km/h

19,2 km/h = 5,33 m/s

pendant 15 secondes :

≈ 80 m.

Ce calcul transforme une vitesse choisie en distance. Il ne prouve pas que cette distance est optimale.

7. Ne pas transformer automatiquement la distance linéaire en navettes

4 × 20 m n’est pas la copie physiologique de 80 m en ligne.

8. Ne pas poursuivre mécaniquement quand la qualité s’effondre

Si les joueurs n’atteignent plus les distances ou les temps demandés, continuer peut transformer le stimulus recherché.

9. Compléter la VMA par la vitesse maximale de sprint lorsque cela est possible

Deux joueurs à VMA égale mais à sprint maximal très différent ne présentent pas le même profil locomoteur.

10. Utiliser la course lorsque la standardisation est prioritaire

Les données de Dellal et collaborateurs montrent qu’une course intermittente contrôlée produit une réponse cardiaque plus homogène entre joueurs que les jeux réduits étudiés [15].

11. Utiliser le jeu lorsque l’intégration footballistique est prioritaire

Les jeux réduits peuvent atteindre des intensités cardiovasculaires élevées et développer plusieurs qualités aérobies [15,16], mais leur charge dépend davantage du contexte.

12. Chez les jeunes, regarder la progression avant le classement

Le chiffre doit raconter une trajectoire, pas devenir une étiquette.

13. Utiliser plusieurs informations pour décider

Dans un club amateur, quelques données simples peuvent déjà être utiles :

vitesse issue d’un test aérobie

sprint court ou vitesse maximale

performance intermittente

perception d’effort

et surtout :

observation de ce que le joueur produit réellement à l’entraînement.

La technologie doit aider la décision de l’éducateur, pas la remplacer.

À retenir

  • Au sens physiologique, la VMA correspond à la vitesse minimale permettant d’atteindre VO₂max dans les conditions d’un protocole donné.
  • Sur le terrain, le terme « VMA » désigne souvent la vitesse terminale d’un test conçu pour approcher cette zone. Les deux notions ne sont pas nécessairement parfaitement identiques.
  • La vitesse obtenue dépend du protocole utilisé. Des tests différents peuvent fournir des vitesses différentes chez le même sportif malgré une VO₂max comparable [3,4].
  • Il est donc préférable de conserver le nom du protocole : vitesse VAMEVAL, VIFT, vitesse terminale du test.
  • Le 30-15 IFT ne doit pas être réduit à une simple « VMA intermittente ». VIFT est produite dans une tâche comportant récupérations et changements de direction et reflète l’interaction de plusieurs qualités [5–7].
  • Une corrélation entre deux tests ne signifie pas qu’ils soient interchangeables [3,8,9].
  • Les conversions fixes entre tests doivent être utilisées avec prudence.
  • Il est parfaitement possible de courir à plus de 100 % de VMA, puisque la VMA n’est pas la vitesse maximale de sprint [10].
  • Un pourcentage de VMA ne définit pas une séance. Il faut également connaître la durée de travail, la récupération, le nombre de répétitions, les séries et la modalité de déplacement [12,13].
  • Deux joueurs travaillant au même pourcentage de leur VMA ne subissent pas nécessairement exactement la même contrainte, notamment parce que leur vitesse maximale de sprint et leur réserve de vitesse peuvent différer [11,21,22].
  • Les changements de direction transforment la tâche en ajoutant freinages et accélérations [17–19].
  • Ajouter un ballon transforme également la tâche [20]. La différence observée dans un protocole ne constitue pas un coefficient universel.
  • La VMA peut progresser grâce à différentes formes d’entraînement et reste un outil pratique pertinent pour prescrire certaines courses, mais elle ne constitue ni une mesure complète de la condition physique ni un prédicteur direct de la qualité d’un footballeur [14–16].
  • Chez les jeunes, son interprétation doit tenir compte de l’âge, de la croissance, de la maturation et du protocole utilisé [23–25,28].

La meilleure manière d’utiliser la VMA peut finalement se résumer ainsi :

mesurer avec un protocole identifié

conserver cette référence

choisir un objectif d’entraînement

définir vitesse + durée + récupération + géométrie

observer la réponse réelle du joueur

ajuster.

La VMA est donc :

une référence de vitesse.

Elle ne définit jamais, à elle seule :

la charge de l’exercice.

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