REVUE PRATIQUE
VO₂max : définition, déterminants et intérêt réel pour le footballeur
Souvent présentée comme l’indicateur ultime de l’endurance, la VO₂max ne résume pourtant pas à elle seule les capacités d’un sportif. Cette revue explique ce qu’elle mesure, ce qui la détermine et quelle importance elle possède réellement pour le footballeur.
Dernière mise à jour : août 2026
Introduction — Pourquoi parle-t-on autant de VO₂max ?
La VO₂max est probablement l’une des données physiologiques les plus connues dans le monde du sport.
Elle apparaît régulièrement :
- dans les bilans de préparation physique ;
- dans les tests réalisés en laboratoire ;
- dans certaines estimations fournies par les montres connectées ;
- dans les comparaisons entre sportifs ;
- et dans les discussions autour de l’« endurance » d’un joueur.
Cette popularité possède une explication assez simple : la VO₂max produit un chiffre.
Un joueur peut présenter, par exemple :
48 mL·kg⁻¹·min⁻¹
un autre :
58 mL·kg⁻¹·min⁻¹
et un troisième :
64 mL·kg⁻¹·min⁻¹.
La tentation devient alors immédiate :
64 > 58 > 48
donc :
le premier posséderait nécessairement la meilleure endurance.
Et, par extension, il serait peut-être considéré comme le joueur physiquement le plus performant.
La physiologie est beaucoup plus complexe.
La VO₂max décrit bien une caractéristique extrêmement importante : la capacité maximale de l’organisme à consommer de l’oxygène lors d’un exercice suffisamment intense mobilisant une masse musculaire importante.
Mais elle ne mesure pas directement :
- la vitesse maximale ;
- la capacité à sprinter ;
- la capacité à répéter parfaitement des sprints ;
- l’économie de course ;
- la capacité à maintenir une intensité donnée pendant quatre-vingt-dix minutes ;
- la résistance à toutes les formes de fatigue ;
- ni, évidemment, la performance footballistique dans son ensemble.
Cette distinction est particulièrement importante en football.
Un match demande simultanément de :
courir longtemps
mais aussi :
accélérer
freiner
changer de direction
sauter
lutter dans les duels
sprinter
puis :
récupérer suffisamment pour recommencer.
Les qualités aérobies constituent donc une pièce importante du système.
Mais elles ne constituent jamais le système entier.
IDÉE REÇUE
« La VO₂max est la mesure de l’endurance d’un sportif. »
Cette formulation est trop large.
La VO₂max renseigne principalement sur la puissance maximale du système aérobie.
L’endurance réellement observable dépend également de la vitesse ou de la puissance associée à cette consommation d’oxygène, de l’économie du mouvement, des intensités soutenables, des qualités neuromusculaires et de la nature de la tâche.
L’objectif de cette revue est donc de répondre à une question plus précise :
que mesure réellement la VO₂max, de quoi dépend-elle et jusqu’où permet-elle de comprendre les capacités physiques d’un footballeur ?
Qu’est-ce que réellement la VO₂ ?
Avant de parler de VO₂max, il faut comprendre VO₂.
Le symbole V̇O₂ désigne un débit de consommation d’oxygène.
Le point placé au-dessus du V possède donc une signification importante : nous parlons d’une quantité par unité de temps.
La VO₂ ne correspond pas simplement :
à la quantité d’oxygène présente dans les poumons
ni :
à la quantité d’oxygène présente dans le sang.
Elle représente le débit auquel l’organisme consomme de l’oxygène.
DÉFINITION — VO₂
La VO₂ correspond au débit de consommation d’oxygène de l’organisme.
Elle peut être exprimée notamment en :
L·min⁻¹
ou, après normalisation par la masse corporelle :
mL·kg⁻¹·min⁻¹.
Pourquoi le muscle utilise-t-il de l’oxygène ?
La contraction musculaire nécessite de l’ATP.
Les réserves directement disponibles d’ATP sont faibles. Celui-ci doit donc continuellement être resynthétisé.
Plusieurs mécanismes contribuent simultanément à cette resynthèse :
phosphocréatine
glycolyse
et :
métabolisme oxydatif mitochondrial.
L’oxygène occupe une place essentielle dans ce dernier.
Dans les mitochondries, les réactions d’oxydation des substrats énergétiques permettent de produire une quantité importante d’ATP.
Ainsi :
activité musculaire
↓
besoin de resynthétiser de l’ATP
↓
augmentation du métabolisme oxydatif
↓
augmentation de la consommation d’oxygène.
Lorsqu’un joueur passe du repos à la course, sa VO₂ augmente.
Lorsque l’intensité augmente encore, la VO₂ augmente généralement elle aussi jusqu’à atteindre les capacités maximales du système dans les conditions de l’exercice.
L’oxygène n’est pas « l’énergie »
Une confusion fréquente consiste à dire :
« l’oxygène donne de l’énergie au muscle ».
L’expression est pratique mais imprécise.
L’oxygène ne constitue pas un carburant énergétique comparable au glucose ou aux acides gras. Il joue un rôle indispensable dans la chaîne respiratoire mitochondriale permettant l’oxydation des substrats et la resynthèse d’ATP.
Autrement dit :
substrats énergétiques + oxygène + machinerie mitochondriale
permettent :
une production oxydative d’ATP.
POUR COMPRENDRE — L’oxygène n’est pas l’essence
Si l’on compare le métabolisme à un moteur, les glucides et les lipides seraient davantage comparables aux carburants.
L’oxygène serait un élément indispensable permettant leur utilisation oxydative.
L’ATP constituerait finalement la forme d’énergie immédiatement utilisable par les protéines qui réalisent le travail cellulaire.
L’analogie reste imparfaite, mais elle permet d’éviter de confondre :
oxygène
substrat énergétique
et :
ATP.
Que signifie le terme VO₂max ?
À mesure que l’intensité d’un exercice augmente, la demande en ATP augmente.
Le métabolisme oxydatif accélère donc sa contribution et la consommation d’oxygène augmente progressivement.
Mais cette augmentation ne peut pas se poursuivre indéfiniment.
À un moment donné, l’ensemble du système chargé d’amener l’oxygène depuis l’environnement jusqu’aux structures cellulaires qui l’utilisent atteint ses capacités maximales dans les conditions de l’exercice.
C’est ce que cherche à représenter la VO₂max.
DÉFINITION — VO₂max
La VO₂max désigne la consommation maximale d’oxygène qu’un individu peut atteindre lors d’un exercice mobilisant suffisamment de masse musculaire.
En pratique, sa détermination dépend du protocole, des critères retenus et de la capacité du test à conduire réellement le sportif jusqu’à cette réponse maximale.
Elle constitue donc un indicateur de la puissance maximale du métabolisme aérobie.
Une puissance, pas une quantité totale disponible
Le mot puissance est ici essentiel.
Imaginons deux pompes.
La première peut déplacer 10 litres d’eau par minute.
La seconde 15 litres par minute.
La deuxième possède un débit maximal supérieur.
Cela ne nous dit pourtant pas combien de temps elle pourra fonctionner.
La VO₂max fonctionne selon une logique comparable.
Elle indique le débit maximal de consommation d’oxygène, mais pas directement la durée pendant laquelle le sportif pourra maintenir une intensité donnée.
IDÉE REÇUE
« Une VO₂max élevée signifie que l’on peut forcément courir longtemps. »
Une VO₂max élevée offre une puissance aérobie maximale importante.
Mais la performance prolongée dépend également de la fraction de cette puissance que le sportif peut soutenir, de son économie de déplacement et de nombreux autres déterminants.
Comment l’organisme transporte-t-il l’oxygène jusqu’au muscle ?
Pour qu’un muscle puisse utiliser de l’oxygène, l’oxygène doit d’abord lui parvenir.
La chaîne complète comprend plusieurs étapes.
L’air atteint les poumons
Lors de l’inspiration, l’air pénètre dans les voies respiratoires puis atteint les alvéoles pulmonaires.
L’oxygène peut alors diffuser des alvéoles vers le sang.
Le sang transporte l’oxygène
Une grande partie de l’oxygène sanguin est transportée liée à l’hémoglobine.
La quantité d’hémoglobine disponible et son degré de saturation participent donc à déterminer la quantité d’oxygène pouvant être transportée par le sang.
Chez des sportifs entraînés, Gore et collaborateurs ont retrouvé une association entre la masse relative d’hémoglobine et la VO₂max, avec une force de relation variable selon les groupes étudiés [4].
Il serait cependant incorrect d’en déduire :
plus d’hémoglobine = VO₂max automatiquement prédite.
La relation dépend du reste du système.
Le cœur met le sang en circulation
Le cœur doit ensuite fournir un débit suffisant.
Le débit cardiaque peut être représenté simplement :
débit cardiaque = fréquence cardiaque × volume d’éjection systolique.
Le volume d’éjection systolique correspond à la quantité de sang éjectée par le cœur à chaque contraction.
Lorsque l’exercice augmente, la fréquence cardiaque et le débit cardiaque augmentent fortement.
Lors d’exercices maximaux mobilisant une masse musculaire importante, les travaux expérimentaux montrent que les limites de l’augmentation du débit cardiaque et de l’apport systémique d’oxygène peuvent fortement contraindre la consommation maximale d’oxygène [1].
Le débit sanguin est distribué vers les muscles
Il ne suffit pas que le cœur éjecte du sang.
Encore faut-il l’envoyer aux tissus qui travaillent.
Les vaisseaux sanguins des muscles actifs s’adaptent afin d’augmenter leur perfusion.
Lors d’un exercice sollicitant une grande masse musculaire, plusieurs territoires musculaires réclament simultanément un débit important.
Cette situation explique en partie pourquoi les limites observées lors d’un exercice utilisant un petit groupe musculaire ne sont pas exactement les mêmes que pendant un exercice global [1,3].
L’oxygène doit quitter le sang
Une fois arrivé dans les capillaires musculaires, l’oxygène doit diffuser jusqu’aux cellules puis jusqu’aux mitochondries.
La capillarisation, les distances de diffusion et l’organisation du tissu musculaire participent donc également au système.
Après neuf semaines d’entraînement, Roca et collaborateurs observaient non seulement une augmentation du débit sanguin de la jambe, mais également une augmentation estimée de la capacité de diffusion musculaire de l’oxygène et de son extraction [2].
Les mitochondries utilisent l’oxygène
Enfin, l’oxygène doit pouvoir être utilisé par la machinerie oxydative.
Richardson et collaborateurs ont manipulé expérimentalement la disponibilité en oxygène lors d’un exercice d’extension du genou chez des sujets entraînés.
Lorsque la disponibilité en oxygène augmentait, la consommation maximale d’oxygène musculaire augmentait également [3].
Les valeurs obtenues sous hyperoxie suggéraient que, dans ces conditions expérimentales, les sujets commençaient à approcher des limites métaboliques mitochondriales très élevées [3].
Le principe de Fick résume une grande partie du problème
La consommation d’oxygène peut être reliée à deux grandes composantes :
VO₂ = débit cardiaque × différence artérioveineuse en O₂.
La différence artérioveineuse représente, de manière simplifiée, la quantité d’oxygène retirée du sang entre son arrivée artérielle et son retour veineux.
Nous pouvons donc retenir :
quantité de sang envoyée par minute
×
quantité d’oxygène extraite de ce sang
=
consommation d’oxygène.
POUR COMPRENDRE — Une chaîne logistique
Imaginez une usine située au bout d’une chaîne de livraison.
Pour augmenter sa production, il faut :
- que la matière première soit disponible ;
- qu’elle puisse être transportée ;
- que suffisamment de véhicules circulent ;
- que les voies de circulation permettent le passage ;
- que l’usine puisse réceptionner la marchandise ;
- et qu’elle possède les machines capables de l’utiliser.
La VO₂max dépend elle aussi d’une chaîne entière de transport et d’utilisation de l’oxygène.
Chercher « l’organe de la VO₂max » est donc une simplification excessive.
De quoi dépend la VO₂max et qu’est-ce qui peut la limiter ?
La section précédente permet déjà de comprendre pourquoi la VO₂max ne dépend pas d’un seul paramètre.
Parmi les déterminants importants figurent notamment :
- la capacité à oxygéner le sang ;
- la quantité d’hémoglobine disponible ;
- le débit cardiaque maximal ;
- la distribution du débit sanguin ;
- la diffusion de l’oxygène vers les fibres ;
- la capillarisation ;
- et les capacités oxydatives musculaires.
Le transport central de l’oxygène joue un rôle majeur
Lors d’exercices impliquant une grande masse musculaire, l’augmentation de la demande en oxygène nécessite une augmentation considérable du débit sanguin.
Mortensen et collaborateurs ont observé que, pendant un exercice cycliste maximal, le débit cardiaque et l’apport systémique d’oxygène cessaient d’augmenter linéairement avec la puissance à haute intensité, en parallèle d’une limitation du débit sanguin et de l’apport d’oxygène aux jambes [1].
Ces résultats montrent qu’une incapacité du système circulatoire à continuer d’augmenter suffisamment l’apport d’oxygène aux muscles actifs peut contraindre la puissance aérobie maximale [1].
Le volume d’éjection systolique est particulièrement intéressant dans cette logique.
La fréquence cardiaque maximale possède une marge d’adaptation relativement limitée. L’entraînement peut en revanche améliorer la capacité du cœur à éjecter davantage de sang à chaque battement.
Dans une étude longitudinale récente, quatorze adultes jeunes ou plus âgés ont suivi douze semaines d’entraînement d’endurance.
La VO₂max augmentait en moyenne d’environ 20 %, parallèlement notamment à une augmentation :
- du débit cardiaque maximal ;
- du volume d’éjection systolique maximal ;
- de plusieurs mesures de capillarisation ;
- et de l’activité de la citrate synthase, utilisée comme marqueur de capacité oxydative musculaire [6].
Cette étude de petite taille ne permet pas de fixer une règle universelle.
Elle illustre néanmoins très bien la multiplicité des adaptations qui peuvent accompagner une augmentation de VO₂max.
Le sang compte également
L’hémoglobine transporte l’essentiel de l’oxygène sanguin.
Une capacité plus importante du sang à transporter l’oxygène peut donc favoriser l’apport périphérique en O₂.
Gore et collaborateurs ont observé une relation entre masse relative d’hémoglobine et VO₂max chez des sportifs entraînés, mais l’intensité de cette relation variait selon les groupes [4].
Cette variabilité rappelle une nouvelle fois qu’aucun déterminant isolé ne suffit à prédire toute la réponse.
Le muscle n’est pas un simple destinataire passif
L’entraînement peut modifier la capillarisation, certaines enzymes oxydatives et la capacité de diffusion de l’oxygène.
Chez les sujets étudiés par Roca et collaborateurs, l’amélioration de la VO₂max après entraînement s’accompagnait à la fois de modifications convectives — transport du sang — et diffusives — passage de l’oxygène vers les tissus [2].
Les données de Richardson et collaborateurs montrent également que la disponibilité de l’oxygène au niveau musculaire influence la consommation maximale d’oxygène du muscle [3].
Les poumons peuvent-ils devenir limitants ?
Chez un individu sain moyennement entraîné au niveau de la mer, les poumons disposent généralement d’une capacité fonctionnelle importante.
Mais chez certains sportifs très entraînés, une désaturation artérielle peut apparaître pendant l’exercice maximal.
Grataloup et collaborateurs ont étudié seize cyclistes entraînés.
Chez ceux présentant une hypoxémie induite par l’exercice, une augmentation de la fraction inspirée en oxygène améliorait davantage la VO₂max que chez ceux ne présentant pas cette désaturation [5].
Cela montre que le système pulmonaire peut parfois contribuer à la limitation sans signifier qu’il constitue toujours le principal facteur limitant.
Il n’existe pas nécessairement un facteur limitant unique
La bonne question n’est donc pas toujours :
« Qu’est-ce qui limite LA VO₂max ? »
mais plutôt :
« Dans ces conditions et chez cet individu, quelle partie de la chaîne impose aujourd’hui la plus forte contrainte ? »
Cette contrainte peut évoluer selon :
- le niveau d’entraînement ;
- la masse musculaire sollicitée ;
- la posture ;
- l’altitude ;
- la disponibilité en oxygène ;
- la nature de l’exercice ;
- et les caractéristiques individuelles.
IDÉE REÇUE
« La VO₂max mesure la capacité des poumons. »
Non.
Les poumons constituent la première étape de la chaîne d’oxygène.
Mais la VO₂max dépend également du sang, du système cardiovasculaire, du débit musculaire, de la diffusion de l’oxygène et des capacités oxydatives des fibres.
Lors d’un exercice global mobilisant une grande masse musculaire, l’apport circulatoire d’oxygène joue souvent un rôle majeur, sans être le seul déterminant possible [1–3].
Pourquoi exprime-t-on souvent la VO₂max en mL·kg⁻¹·min⁻¹ ?
Une VO₂max peut être exprimée sous forme :
absolue
par exemple :
4,5 L·min⁻¹
ou :
relative à la masse corporelle
par exemple :
60 mL·kg⁻¹·min⁻¹.
Pourquoi diviser par la masse corporelle ?
Parce que déplacer son corps possède un coût.
Un joueur de 60 kg et un joueur de 90 kg ne déplacent pas la même masse lorsqu’ils courent.
Comparer uniquement leurs consommations absolues d’oxygène pourrait donc favoriser artificiellement le plus grand individu.
La normalisation par la masse corporelle permet une comparaison plus directement liée au déplacement du corps.
Mais diviser simplement par les kilogrammes n’est pas parfait
Cette opération suppose implicitement que VO₂max et masse corporelle augmentent proportionnellement.
Or ce n’est pas nécessairement le cas.
Chamari et collaborateurs ont étudié des joueurs adultes et adolescents et ont montré que la manière de normaliser la consommation d’oxygène pouvait modifier l’interprétation des différences entre les groupes [7].
Dans leur population, la consommation maximale d’oxygène augmentait approximativement avec la masse corporelle élevée à la puissance 0,72 plutôt qu’à la puissance 1 [7].
D’autres travaux menés chez des sportifs montrent également que le simple ratio en mL·kg⁻¹·min⁻¹ ne supprime pas toujours complètement l’influence de la taille corporelle [8].
Pourquoi continue-t-on à utiliser cette unité ?
Parce qu’elle reste :
simple
connue
facile à communiquer
et :
utile dans de nombreux contextes.
Le problème apparaît lorsqu’elle est interprétée comme une mesure parfaitement indépendante de la morphologie.
PRUDENCE — Comparer des joueurs de gabarits différents
Une VO₂max de 60 mL·kg⁻¹·min⁻¹ est une information utile.
Mais elle n’efface pas toutes les influences de la masse corporelle, de la composition corporelle et de la maturation.
Cette prudence devient particulièrement importante lorsqu’on compare des enfants et des adolescents de gabarits très différents [7].
Pour suivre un même joueur, le problème est généralement plus simple
Lorsque nous comparons un joueur avec lui-même dans des conditions standardisées et sur une période où sa masse varie peu, la valeur relative devient plus facilement interprétable.
Chez un adolescent en pleine croissance, cette comparaison doit toutefois être replacée dans l’évolution de sa morphologie.
Comment mesure-t-on réellement une VO₂max ?
Pour mesurer directement la consommation d’oxygène, il faut analyser les échanges gazeux respiratoires.
Le principe du test incrémental
Le sportif réalise généralement un exercice sur tapis roulant ou ergocycle.
La difficulté augmente progressivement par modification :
- de la vitesse ;
- de la pente ;
- ou de la puissance.
Pendant ce temps, l’air inspiré et expiré est analysé.
Le système peut notamment déterminer :
- la ventilation ;
- la consommation d’oxygène ;
- la production de CO₂ ;
- et différents paramètres respiratoires.
Le test se poursuit jusqu’à un effort maximal.
Le plateau de VO₂
Historiquement, un critère emblématique correspond au plateau de VO₂.
Cela signifie que la charge continue d’augmenter alors que la consommation d’oxygène n’augmente presque plus.
Intuitivement, le plafond semble atteint.
Mais tout le monde ne présente pas un plateau évident
Mier, Alexander et Mageean ont étudié trente-cinq sportifs universitaires.
Selon le critère retenu, seulement cinq à sept sujets présentaient clairement un plateau pendant le test incrémental [9].
Cela ne signifie pas que tous les autres étaient incapables d’atteindre une consommation maximale d’oxygène.
Cela montre surtout que le plateau est difficile à observer systématiquement.
La phase de vérification
Une stratégie consiste à ajouter après le test un exercice supplémentaire à intensité élevée ou supramaximale.
L’objectif est de vérifier si une consommation d’oxygène nettement supérieure peut encore être obtenue.
Dans l’étude de Mier et collaborateurs, dix participants ne présentant pas de plateau ont réalisé une phase de vérification : quatre d’entre eux ont atteint une VO₂ supérieure à celle du test incrémental au-delà du seuil de comparaison choisi par les auteurs [9].
Chez les adolescents
Jalanko et collaborateurs ont étudié en 2026 vingt-sept adolescents âgés de 12 à 14 ans.
Seulement cinq présentaient un plateau pendant le test incrémental.
Une phase de vérification permettait de confirmer la VO₂max selon les critères retenus chez 23 des 27 participants [10].
Les auteurs montrent également qu’un détail en apparence très technique — la manière de moyenner les données respiratoires — peut légèrement modifier la valeur obtenue [10].
PRUDENCE
Une VO₂max n’est pas un nombre existant dans le corps avec une infinité de décimales.
La valeur observée dépend également :
- du protocole ;
- de la modalité d’exercice ;
- de l’analyseur ;
- du traitement des données ;
- de l’effort réellement produit ;
- et des critères retenus pour considérer l’effort comme maximal.
Une différence très faible entre deux tests ne représente donc pas automatiquement une véritable modification physiologique.
Pourquoi standardiser les tests ?
Pour suivre l’évolution d’un joueur, la comparabilité est essentielle.
Idéalement, il faut conserver autant que possible :
le même protocole
la même modalité d’exercice
les mêmes procédures
et :
des conditions de préparation comparables.
Comparer 55 mL·kg⁻¹·min⁻¹ sur tapis à 52 sur vélo, ou 55 mesuré en laboratoire à 57 estimé par une montre, ne constitue pas nécessairement la démonstration d’une amélioration ou d’une régression.
VO₂max, VO₂peak, VMA et vVO₂max : de quoi parle-t-on exactement ?
Ces termes sont très souvent utilisés comme s’ils étaient interchangeables.
Ils ne le sont pas.
VO₂max
La VO₂max correspond à la consommation maximale d’oxygène considérée comme atteinte selon le protocole et les critères utilisés.
VO₂peak
La VO₂peak, ou consommation d’oxygène de pic, correspond plus simplement à la plus grande VO₂ observée pendant un test.
Cette distinction devient utile lorsque les chercheurs ne souhaitent pas affirmer qu’un véritable maximum physiologique a été démontré.
Dans la littérature scientifique, les deux terminologies ne sont toutefois pas toujours utilisées de manière parfaitement uniforme.
vVO₂max
La vVO₂max correspond à une vitesse de course associée à l’atteinte de la VO₂max.
Mais cette donnée ne dépend pas uniquement de la VO₂max.
Elle dépend également du coût énergétique de la course.
Deux joueurs possédant une VO₂max comparable peuvent donc atteindre cette consommation maximale à des vitesses différentes.
Et la VMA ?
La vitesse maximale aérobie, ou VMA, cherche elle aussi à représenter une vitesse située autour de la puissance aérobie maximale.
Selon les protocoles et les définitions employées, VMA et vVO₂max peuvent être très proches conceptuellement.
Mais il est dangereux de les traiter comme une valeur physiologique unique indépendante du test.
Riboli et collaborateurs ont fait réaliser trois protocoles incrémentaux différents à seize joueurs semi-professionnels.
La VO₂max ne différait pas significativement entre les trois protocoles.
En revanche, la vitesse associée à cette VO₂max variait nettement :
19,4 km·h⁻¹
17,4 km·h⁻¹
et :
16,1 km·h⁻¹
selon le protocole [11].
C’est une démonstration particulièrement importante :
même joueur
+
VO₂max comparable
≠
même vitesse dite « maximale aérobie ».
IDÉE REÇUE
« Si ma VMA est de 17 km/h, cela correspond directement à ma VO₂max. »
Non.
Une vitesse et une consommation d’oxygène sont deux variables différentes.
Elles sont liées, mais leur relation dépend notamment de l’économie de course et du protocole utilisé.
Pourquoi une revue spécifique sur la VMA reste nécessaire
La VMA est extrêmement utile en préparation physique.
Elle permet notamment de prescrire des vitesses et des distances de travail.
Mais elle soulève ses propres questions :
- quel test utiliser ?
- différents tests donnent-ils la même valeur ?
- comment utiliser une VMA continue pour un travail intermittent ?
- que changent les changements de direction ?
- que signifie réellement courir à 110, 120 ou 130 % de VMA ?
Ces questions dépassent volontairement le périmètre de cette revue.
Les tests de terrain permettent-ils réellement de connaître la VO₂max ?
Un laboratoire équipé pour analyser les échanges gazeux n’est pas accessible à tous les clubs.
Les tests de terrain constituent donc des outils extrêmement utiles.
Mais il faut distinguer :
mesurer
de :
estimer.
Le Yo-Yo mesure une performance intermittente
Le Yo-Yo Intermittent Recovery Test demande au joueur de réaliser des courses navettes à intensité croissante, entrecoupées de brèves récupérations.
La performance correspond notamment à la distance réalisée.
Krustrup et collaborateurs ont montré que le Yo-Yo IR1 possède une bonne reproductibilité et qu’il peut être pertinent pour caractériser certaines dimensions de la capacité intermittente en football [12].
Mais cela ne signifie pas :
distance au Yo-Yo = VO₂max.
Le test sollicite simultanément :
- la capacité aérobie ;
- les accélérations ;
- les freinages ;
- les changements de direction ;
- les récupérations répétées ;
- la tolérance à l’effort intermittent ;
- et d’autres caractéristiques individuelles.
Castagna et collaborateurs ont d’ailleurs observé que différentes versions de tests Yo-Yo n’étaient pas influencées de manière identique par les variables physiologiques étudiées [13].
Un test intermittent peut donc être très pertinent pour le football précisément parce qu’il ne mesure pas uniquement la VO₂max.
Une estimation n’est pas une mesure directe
De nombreuses équations permettent d’estimer une VO₂max à partir d’une vitesse, d’une distance, d’une fréquence cardiaque ou d’une performance à un test.
Ces équations peuvent être utiles, mais elles comportent une erreur individuelle.
Düking et collaborateurs ont comparé chez vingt-quatre jeunes joueurs entraînés :
- une mesure directe avec analyse des gaz sur tapis ;
- une estimation issue du Yo-Yo IR2 ;
- et une estimation fournie par une montre connectée [14].
Après une première course avec la montre, l’erreur absolue moyenne restait modérée mais l’accord individuel avec la mesure directe était faible.
Après une seconde course, l’erreur moyenne diminuait, mais l’accord restait seulement modéré.
Le Yo-Yo IR2 présentait lui aussi un faible accord individuel avec la VO₂max directement mesurée [14].
PRUDENCE — Une moyenne correcte ne garantit pas une estimation individuelle correcte
Une méthode indirecte peut produire une estimation relativement proche en moyenne dans un groupe tout en restant insuffisamment interchangeable avec une mesure directe chez un joueur particulier.
Si une montre affiche :
VO₂max estimée = 57
la formulation la plus rigoureuse est :
« Ma montre estime ma VO₂max à 57 selon son algorithme. »
Ce n’est pas la même information que :
« Une analyse directe de mes échanges gazeux a mesuré une VO₂max de 57. »
Un test n’a pas besoin de mesurer la VO₂max pour être excellent
C’est un principe majeur pour l’entraînement.
Si notre objectif est de savoir comment un joueur tolère un effort intermittent spécifique, un test comme le Yo-Yo peut être plus pertinent qu’une VO₂max isolée.
Ingebrigtsen et collaborateurs ont étudié 111 joueurs élites et 92 joueurs sous-élites.
La performance au Yo-Yo IR2 distinguait clairement les niveaux compétitifs.
Dans le sous-échantillon ayant également réalisé une mesure de VO₂max, celle-ci ne différait pas significativement entre les niveaux [24].
Le bon test n’est donc pas celui qui donne le chiffre paraissant le plus scientifique.
C’est celui qui répond de façon suffisamment fiable à la question que nous nous posons.
Une VO₂max élevée signifie-t-elle nécessairement une meilleure endurance ?
Pour répondre, il faut d’abord définir endurance.
Si nous entendons par là la capacité à produire une très forte puissance oxydative, la VO₂max est évidemment centrale.
Mais si nous entendons courir plus vite pendant longtemps, la réponse devient plus complexe.
Deux joueurs peuvent avoir la même VO₂max mais courir différemment
Imaginons :
Joueur A : VO₂max = 60
Joueur B : VO₂max = 60.
À une vitesse donnée, le joueur A peut consommer moins d’oxygène que le joueur B.
Il utilise donc une fraction plus faible de son maximum pour courir à la même vitesse.
Il possède une meilleure économie de course.
DÉFINITION — Économie de course
L’économie de course décrit le coût énergétique de la locomotion à une vitesse submaximale donnée.
Dans de nombreuses études, elle est notamment approchée par la consommation d’oxygène nécessaire pour courir à une vitesse standardisée.
Deux joueurs peuvent donc présenter la même VO₂max mais un coût énergétique différent à la même vitesse.
Les seuils apportent une autre information
Un joueur peut également être capable de maintenir une fraction plus importante de sa capacité maximale avant que certaines réponses métaboliques augmentent fortement.
Ziogas et collaborateurs ont étudié 129 joueurs professionnels appartenant aux trois premières divisions grecques.
La vitesse au seuil lactique était la seule variable de leur batterie à différer statistiquement entre chacune des divisions comparées.
L’économie de course permettait également de distinguer certaines équipes possédant des VO₂max similaires [15].
Cela ne signifie pas que le seuil serait toujours « meilleur » que la VO₂max.
Cela montre que plusieurs dimensions complémentaires décrivent l’endurance.
vVO₂max apporte encore une autre information
Da Silva et collaborateurs ont étudié vingt-neuf jeunes joueurs de niveau national.
Lors d’un test de sprints répétés, les relations avec la performance étaient plus fortes pour la vitesse au seuil et la vVO₂max que pour la VO₂max seule [16].
La vVO₂max combine en partie la puissance aérobie maximale et le coût de la course.
La VO₂max fixe néanmoins un plafond important
Dire :
« la VO₂max ne fait pas tout »
ne doit pas devenir :
« la VO₂max ne sert à rien ».
Une puissance aérobie maximale faible réduit nécessairement la marge dont dispose l’organisme pour soutenir des intensités importantes par voie oxydative.
La représentation la plus utile est donc :
VO₂max = plafond de puissance aérobie
mais :
performance d’endurance = plafond + économie + intensité soutenable + autres contraintes.
POUR COMPRENDRE — Le moteur et la consommation
Deux voitures peuvent posséder la même puissance maximale mais une consommation différente et une capacité différente à maintenir durablement un régime élevé.
Comparer uniquement leur puissance maximale ne suffit donc pas à prédire toutes leurs performances.
Il en va de même pour VO₂max et endurance.
Quel lien existe entre VO₂max et capacité à répéter des efforts intenses ?
Le football ne demande pas seulement de courir longtemps.
Il demande surtout d’alterner :
effort intense
↓
récupération
↓
nouvel effort intense.
Cette structure rend le métabolisme aérobie particulièrement important.
Le sprint isolé n’est pas une expression de la VO₂max
Lors d’un sprint maximal très court, la vitesse de resynthèse de l’ATP doit augmenter brutalement.
La phosphocréatine et la glycolyse jouent alors des rôles majeurs.
La vitesse maximale du joueur dépend également fortement :
- des propriétés neuromusculaires ;
- de la force ;
- de la technique de course ;
- et des qualités mécaniques.
Aziz, Chia et Teh ont étudié quarante joueurs de football et de hockey.
La VO₂max n’était pas significativement associée au meilleur sprint isolé de 40 m [17].
Cela est parfaitement cohérent :
avoir une excellente VO₂max ne transforme pas automatiquement un joueur en sprinteur.
Mais la récupération entre les sprints change le problème
Après un sprint, plusieurs processus de récupération doivent se produire.
La resynthèse de phosphocréatine dépend notamment fortement du métabolisme oxydatif.
Lorsque les efforts se répètent, la qualité de cette récupération peut donc contribuer à la capacité à maintenir les performances.
Jones et collaborateurs ont étudié quarante et un joueurs professionnels.
Une VO₂max relative plus élevée était associée à de meilleurs temps moyens et totaux lors d’un test de six sprints répétés [18].
Da Silva et collaborateurs retrouvaient eux aussi certaines relations entre paramètres aérobies et capacité de sprints répétés, mais les associations étaient plus fortes pour la vitesse au seuil et la vVO₂max que pour la VO₂max [16].
Aziz et collaborateurs n’observaient de leur côté que des relations modérées entre VO₂max et temps total de sprint, avec une variance partagée limitée [17].
Ces résultats montrent que la capacité à répéter des sprints est multifactorielle.
SUR LE TERRAIN
Développer :
la vitesse maximale
et :
la capacité à reproduire des actions rapides avec peu de récupération
ne constitue pas exactement le même objectif.
Une capacité aérobie élevée peut favoriser certains processus de récupération entre les sprints répétés, mais la VO₂max n’explique qu’une partie de la capacité à maintenir la performance lorsque les efforts se répètent [16–18].
Quelle importance possède la VO₂max pendant un match de football ?
Un match dure environ quatre-vingt-dix minutes.
Mais il serait incorrect de le décrire comme quatre-vingt-dix minutes de course continue.
L’activité alterne :
marche
course lente
replacements
accélérations
sprints
freinages
changements de direction
sauts
duels
et :
arrêts de jeu.
Le métabolisme aérobie fonctionne pendant toute la rencontre
Même lorsque le joueur réalise un sprint, le métabolisme oxydatif ne s’éteint pas.
Et entre les actions, il participe fortement à la restauration métabolique.
La qualité aérobie peut donc contribuer à supporter l’activité générale et à récupérer entre les épisodes plus exigeants.
Une relation avec la course à haute intensité a été observée chez des joueuses
Krustrup et collaborateurs ont étudié quatorze joueuses de haut niveau pendant des matchs compétitifs.
Leur VO₂max moyenne était de 49,4 mL·kg⁻¹·min⁻¹.
La distance totale parcourue n’était pas significativement corrélée à la VO₂max.
En revanche, la distance parcourue à haute intensité l’était fortement dans cette petite population : r = 0,81 [19].
Le résultat au Yo-Yo était lui aussi associé à la course à haute intensité [19].
Mais d’autres études ne retrouvent pas cette relation
Metaxas a étudié quatorze joueurs professionnels grecs.
Dans cette population, aucune relation significative n’était observée entre VO₂max et les distances parcourues dans les différentes zones de vitesse en match [20].
Cela ne signifie pas que l’une des deux études est « vraie » et l’autre « fausse ».
Le football est extrêmement contextuel.
La distance parcourue dépend notamment :
- du poste ;
- du système de jeu ;
- de la possession ;
- de l’adversaire ;
- du score ;
- des consignes tactiques ;
- et du déroulement du match.
Le rôle tactique peut masquer ou modifier la relation physiologique
Un défenseur central peut posséder une excellente capacité aérobie sans avoir besoin de parcourir la même distance à haute vitesse qu’un latéral.
La charge externe observée n’est donc pas simplement la capacité maximale du joueur.
Elle représente ce que le contexte lui a demandé de réaliser.
Metaxas retrouvait d’ailleurs de fortes différences de course selon les positions [20].
Modric, Versic et Sekulic ont également observé que les relations entre paramètres aérobies et activité de match variaient selon que les joueurs évoluaient dans l’axe ou sur les côtés [21].
Chez les joueurs excentrés, le seuil anaérobie était notamment associé aux distances à haute vitesse, au sprint et à la course à haute intensité.
Chez les joueurs centraux, d’autres relations apparaissaient avec le seuil aérobie et les distances réalisées à intensité plus faible [21].
PRUDENCE
Une relation faible entre :
VO₂max
et :
distance GPS
ne démontre pas que le système aérobie est inutile.
La performance GPS en match est l’interaction entre :
capacité physique
rôle tactique
choix techniques
contexte
et :
opposition.
Le GPS indique ce que le joueur a fait. Il n’indique pas directement ce qu’il aurait été physiologiquement capable de faire.
Peut-on améliorer la VO₂max chez un footballeur ?
Oui.
La VO₂max est entraînable.
Mais la réponse dépend notamment du niveau initial, de la charge d’entraînement et des caractéristiques individuelles.
Un protocole classique étudié en football
Helgerud et collaborateurs ont réparti dix-neuf jeunes joueurs élites entre un groupe entraînement et un groupe contrôle.
Le groupe entraînement réalisait deux fois par semaine pendant huit semaines :
4 × 4 minutes
à :
90–95 % de la fréquence cardiaque maximale
avec :
3 minutes de récupération en course légère [25].
La VO₂max moyenne augmentait :
de 58,1
à :
64,3 mL·kg⁻¹·min⁻¹.
Mais l’intervention modifiait également le seuil lactique et l’économie de course.
Les auteurs observaient aussi plusieurs modifications des indicateurs de match [25].
Attention à l’interprétation causale
Il serait tentant d’écrire :
VO₂max ↑ → performance en match ↑.
Ce serait trop simple.
L’intervention comportait seulement neuf joueurs dans le groupe entraîné et modifiait simultanément plusieurs dimensions de la condition aérobie.
Nous pouvons conclure que l’entraînement aérobie intensif a amélioré plusieurs caractéristiques physiologiques ainsi que plusieurs indicateurs de performance dans cette étude.
Nous ne pouvons pas isoler la VO₂max comme seule cause des changements observés en match.
Tous les sportifs ne progressent pas de la même manière
Même avec un programme standardisé, les réponses individuelles peuvent différer.
Dans le projet HERITAGE, 481 adultes sédentaires appartenant à différentes familles ont suivi le même programme d’entraînement pendant vingt semaines.
L’augmentation moyenne de VO₂max était importante, mais la variabilité interindividuelle était considérable, avec une agrégation familiale de la réponse [30].
Cela ne signifie pas que la réponse d’un joueur serait entièrement déterminée génétiquement.
Cela montre qu’une même dose d’entraînement ne produit pas exactement la même adaptation chez tout le monde.
Chez les sportifs déjà bien entraînés
Menz et collaborateurs ont ajouté onze séances de HIIT en trois semaines chez des sportifs déjà bien entraînés.
La VO₂max augmentait à l’intérieur du groupe entraîné, mais aucune interaction groupe × temps significative n’était observée face au groupe contrôle [29].
Les auteurs concluaient donc que l’intervention n’avait pas amélioré la VO₂max de manière démontrable par rapport au contrôle [29].
Cela rappelle un principe essentiel :
plus un sportif est déjà entraîné, plus les gains supplémentaires peuvent être difficiles à obtenir et à distinguer de la variabilité normale.
IDÉE REÇUE
« Il suffit de faire du 4 × 4 minutes pour augmenter sa VO₂max. »
Le 4 × 4 à haute intensité possède des données expérimentales intéressantes.
Mais ce protocole est un moyen, pas une loi physiologique universelle.
L’adaptation dépend du niveau initial, de la charge totale, de la récupération, de la fréquence des séances et de la réponse individuelle.
Faut-il courir sans ballon pour développer les qualités aérobies ?
Cette question intéresse directement les éducateurs.
Faut-il faire des courses calibrées ou utiliser le football lui-même ?
La littérature ne justifie pas une opposition aussi simple.
Il est possible d’atteindre une intensité élevée avec ballon
Hoff et collaborateurs ont étudié six joueurs de première division au cours d’un circuit de conduite de balle et d’un jeu à cinq contre cinq.
Les réponses cardiorespiratoires montraient qu’il était possible d’atteindre des intensités correspondant à un travail aérobie élevé dans des exercices spécifiques au football [26].
Un circuit avec ballon peut faire progresser la VO₂max
McMillan et collaborateurs ont suivi onze jeunes joueurs professionnels réalisant pendant dix semaines :
4 × 4 minutes avec conduite de balle
à :
90–95 % de leur fréquence cardiaque maximale
deux fois par semaine.
La VO₂max moyenne progressait :
de 63,4 à 69,8 mL·kg⁻¹·min⁻¹ [27].
Aucune détérioration significative de la performance au sprint de 10 m n’était observée.
Course et jeu réduit peuvent produire des adaptations comparables
Impellizzeri et collaborateurs ont réparti quarante jeunes joueurs entre :
intervalles en course
et :
jeux réduits.
Les deux groupes réalisaient un entraînement de type :
4 × 4 minutes à 90–95 % de la fréquence cardiaque maximale
avec des périodes de récupération active.
Les deux modalités amélioraient plusieurs variables aérobies et indicateurs de performance.
Aucune différence significative n’était retrouvée entre les deux modes pour les variables étudiées [28].
Alors pourquoi courir sans ballon ?
Parce que la course permet souvent un contrôle plus précis.
Avec une consigne de vitesse ou de durée, l’éducateur peut mieux maîtriser :
- l’intensité ;
- la durée ;
- la récupération ;
- la distance ;
- et la progression.
Et pourquoi utiliser le ballon ?
Parce qu’un exercice spécifique peut simultanément intégrer :
- des déplacements ;
- de la perception ;
- des décisions ;
- des gestes techniques ;
- et des interactions avec les partenaires et adversaires.
Mais cette richesse possède un prix :
la charge physiologique devient moins prévisible.
Un joueur peut beaucoup courir tandis qu’un autre reste momentanément moins sollicité.
SUR LE TERRAIN — Course ou ballon ?
La vraie question n’est probablement pas :
« Quelle méthode est la meilleure ? »
mais :
« Quelle méthode me permet aujourd’hui d’obtenir le stimulus que je recherche ? »
Course calibrée : contrôle physiologique plus important.
Jeu réduit : intégration footballistique plus importante mais charge plus variable.
Circuit avec ballon : compromis possible entre contrôle et spécificité.
Ces outils peuvent parfaitement coexister dans une saison.
Comment interpréter la VO₂max chez les jeunes joueurs ?
Cette question mérite une attention particulière.
Entre 10 et 18 ans, le corps change profondément.
L’enfant n’est pas simplement un adulte plus petit
Au cours de la croissance évoluent notamment :
- la taille ;
- la masse corporelle ;
- la masse musculaire ;
- le volume sanguin ;
- l’hémoglobine ;
- les dimensions cardiaques ;
- et les capacités de production et d’utilisation d’énergie.
Comparer brutalement deux adolescents grâce à un seul ratio en mL·kg⁻¹·min⁻¹ peut donc masquer une partie de leur développement.
La maturation intervient
Hansen et Klausen ont suivi quarante-neuf jeunes joueurs pendant trois ans et demi.
La progression de leur VO₂max absolue était associée notamment à la maturation ainsi qu’aux évolutions de l’hémoglobine et de l’hématocrite [31].
Les joueurs considérés comme élites présentaient également des valeurs supérieures aux non-élites, mais ces différences ne pouvaient pas être expliquées uniquement par les variables de maturation et sanguines étudiées [31].
Une autre étude longitudinale confirme la multiplicité des influences
Valente-dos-Santos et collaborateurs ont suivi 83 jeunes joueurs âgés de 10 à 18 ans pendant cinq années.
Leur performance aérobie de terrain évoluait en relation avec l’âge chronologique, le développement biologique et le volume annuel d’entraînement [32].
Cette étude ne constitue pas une mesure directe de VO₂max.
Elle confirme néanmoins que les performances aérobies des jeunes évoluent sous l’influence simultanée de la croissance, de la maturation et de l’entraînement.
La normalisation par le poids peut elle-même poser problème
Nous avons vu que Chamari et collaborateurs ont retrouvé chez de jeunes et adultes footballeurs une relation allométrique entre masse corporelle et consommation maximale d’oxygène [7].
Ainsi, la maturation modifie le chiffre mais également la manière dont ce chiffre doit être interprété.
PRUDENCE — Sélectionner un adolescent grâce à sa VO₂max
Une différence entre deux jeunes joueurs peut refléter :
des capacités physiologiques différentes
mais également :
des stades de maturation différents
des morphologies différentes
des historiques d’entraînement différents
et :
une variabilité de mesure.
La VO₂max ne doit donc jamais devenir un critère isolé de sélection des jeunes.
Le suivi longitudinal est souvent plus intéressant
Pour un éducateur, suivre le même joueur au fil du temps peut être beaucoup plus instructif que construire un classement instantané entre adolescents.
Nous cherchons alors une trajectoire.
Cela suppose néanmoins de noter :
- l’âge ;
- la croissance ;
- la masse corporelle ;
- le protocole ;
- la période de saison ;
- et les conditions du test.
Existe-t-il une « bonne VO₂max » pour un footballeur ?
C’est probablement l’une des questions les plus fréquemment posées.
Combien faut-il avoir ?
50 ?
55 ?
60 ?
65 ?
La réponse scientifiquement correcte est :
il n’existe pas une valeur universelle.
Une immense base de données chez les joueurs professionnels masculins
Tønnessen et collaborateurs ont analysé les tests de 1 545 joueurs masculins réalisés en Norvège entre 1989 et 2012 [22].
La VO₂max ne distinguait pas clairement :
- les internationaux ;
- les joueurs de première division ;
- les joueurs de deuxième division ;
- et les juniors de haut niveau.
Dans cette vaste population masculine professionnelle, les auteurs indiquaient que des valeurs autour de 62–64 mL·kg⁻¹·min⁻¹ étaient compatibles avec les exigences aérobies du football professionnel étudié [22].
Mais l’information la plus intéressante est peut-être ailleurs :
posséder davantage de VO₂max ne distinguait pas clairement les meilleurs niveaux compétitifs dans cette population.
PRUDENCE — 62–64 n’est pas une norme universelle
Cette valeur décrit une population précise, testée dans un contexte précis et selon les méthodes utilisées par les auteurs.
Elle ne définit :
- ni un minimum obligatoire ;
- ni un seuil de sélection ;
- ni une valeur idéale pour tous les footballeurs.
Les postes présentent certaines différences
Dans cette grande base masculine, les milieux présentaient en moyenne une VO₂max supérieure à celle des défenseurs, attaquants et gardiens [22].
Mais une différence moyenne entre groupes ne signifie pas que tous les milieux doivent dépasser tous les autres joueurs.
La distribution individuelle reste importante.
Chez les joueuses, l’histoire est différente
Haugen et collaborateurs ont analysé 199 joueuses, dont certaines internationales de très haut niveau [23].
Dans cette population :
- les joueuses de l’équipe nationale présentaient une VO₂max moyenne supérieure aux joueuses de première division ;
- l’écart était encore plus important avec les joueuses de deuxième division et les juniors ;
- les milieux avaient une valeur supérieure aux gardiennes ;
- aucune différence significative n’était observée entre les différents postes de champ [23].
Ces données montrent pourquoi il faut éviter de chercher une valeur universelle sans tenir compte :
- du sexe ;
- du niveau ;
- de la population ;
- du protocole ;
- et du contexte.
La meilleure question n’est donc pas « quelle norme ? »
Pour un joueur amateur, la question la plus utile est plutôt :
sa capacité aérobie est-elle suffisamment développée pour répondre à ses exigences ?
Puis :
constitue-t-elle aujourd’hui un facteur prioritaire d’entraînement ?
Un joueur peut présenter une VO₂max déjà élevée mais une mauvaise économie, une faible capacité intermittente, une vitesse insuffisante ou un déficit de force.
Dans ce cas, chercher coûte que coûte quelques mL·kg⁻¹·min⁻¹ supplémentaires n’est peut-être pas la priorité.
IDÉE REÇUE
« Plus la VO₂max est élevée, meilleur est le footballeur. »
Non.
Une capacité aérobie suffisante est importante.
Mais la performance en football exige simultanément :
capacités aérobies
vitesse
force
puissance
coordination
technique
perception
prise de décision
et :
compréhension tactique.
La VO₂max ne peut résumer cet ensemble.
Que savons-nous réellement, et que faut-il éviter de simplifier ?
Après avoir parcouru l’ensemble du sujet, plusieurs conclusions sont solidement étayées.
La VO₂max représente une véritable capacité physiologique
Elle correspond à une consommation maximale d’oxygène observée lors d’un exercice maximal dans des conditions données.
Les expériences manipulant l’apport en oxygène, le débit sanguin ou la disponibilité périphérique en O₂ montrent que cette consommation maximale dépend directement des capacités de transport et d’utilisation de l’oxygène [1–3,5].
Elle est entraînable
Des interventions chez des joueurs de football ont produit des améliorations de VO₂max avec des formats d’entraînement différents [25,27,28].
Mais l’amplitude de la réponse varie selon les individus, le niveau initial et le contexte d’entraînement [29,30].
Elle ne décrit pas toute l’endurance
L’économie de course, les seuils et les vitesses associées aux capacités aérobies apportent des informations complémentaires [11,15,16].
Elle ne prédit pas directement toutes les demandes du match
Les relations entre VO₂max et course en match diffèrent selon les populations, les postes et les variables observées [19–21].
Un test de terrain n’est pas automatiquement une mesure de VO₂max
Un Yo-Yo peut être extrêmement utile sans être une mesure directe de la consommation maximale d’oxygène [12–14,24].
Il faut donc éviter plusieurs raccourcis
VO₂max = endurance
→ trop simplifié.
VO₂max = VMA
→ incorrect.
Yo-Yo = mesure directe de VO₂max
→ incorrect.
montre = mesure directe de VO₂max
→ incorrect.
plus de VO₂max = automatiquement meilleur joueur
→ incorrect.
jeu réduit = toujours suffisant pour entraîner l’aérobie
→ incorrect.
course sans ballon = seule façon de développer l’aérobie
→ incorrect.
4 × 4 minutes = protocole obligatoire
→ incorrect.
un adolescent avec la meilleure valeur est automatiquement le plus prometteur
→ incorrect.
PRUDENCE — Le piège du chiffre unique
Plus un phénomène complexe est résumé par un seul nombre, plus ce nombre est facile à utiliser.
Mais plus il devient également facile de lui faire dire davantage que ce qu’il mesure réellement.
La VO₂max est particulièrement utile lorsque nous savons à la fois :
ce qu’elle signifie
et :
ce qu’elle ne signifie pas.
Sur le terrain — Que faire concrètement avec ces connaissances ?
La physiologie n’a d’intérêt pour un club que si elle permet de mieux observer, de mieux décider et de mieux entraîner.
1. Commencer par la question avant de choisir le test
Avant de tester un joueur, demandons-nous :
« Qu’est-ce que je veux savoir ? »
Si la question est :
quelle est sa consommation maximale d’oxygène ?
la référence est une mesure directe des échanges gazeux lors d’un test maximal correctement conduit.
Si la question est :
comment tolère-t-il un effort intermittent avec accélérations, freinages et récupérations ?
un test comme le Yo-Yo peut être plus pertinent.
Si la question est :
à quelle vitesse prescrire certaines répétitions de course ?
un test fournissant une vitesse de référence peut être plus utile.
SUR LE TERRAIN
Un test n’est pas bon parce qu’il est scientifique, difficile ou technologique.
Il est bon s’il répond de manière suffisamment fiable à la question que l’éducateur se pose.
2. Ne pas transformer une estimation en mesure
Si une montre affiche :
VO₂max = 54
nous pouvons noter :
VO₂max estimée par la montre = 54.
Si une équation transforme un résultat à un test navette en :
56 mL·kg⁻¹·min⁻¹
nous pouvons noter :
VO₂max estimée par le test = 56.
Nous ne devons pas écrire :
VO₂max mesurée = 56
si aucun échange gazeux n’a été directement analysé.
3. Toujours comparer ce qui est comparable
Pour suivre un joueur :
même test
même protocole
même surface
mêmes consignes
conditions similaires
et, autant que possible :
même période relative à l’entraînement.
Un record obtenu frais après plusieurs jours de récupération ne doit pas être comparé sans précaution à un test réalisé dans un contexte de fatigue importante.
4. Suivre plusieurs qualités plutôt qu’un classement unique
Pour un joueur de football, une batterie simple peut associer par exemple :
un test de sprint court
+
un test de capacité intermittente
+
éventuellement :
une mesure ou estimation de la capacité aérobie
selon les moyens du club.
L’objectif n’est pas de produire une note physique générale.
Il est de construire un profil.
5. Pour stimuler la puissance aérobie, l’intensité doit réellement être suffisante
Un entraînement ne devient pas un travail de VO₂max simplement parce qu’il dure longtemps.
Les interventions présentées dans cette revue ont utilisé des périodes où les joueurs atteignaient des intensités cardiovasculaires élevées [25–28].
Un exemple expérimental largement étudié est :
4 × 4 min
à environ :
90–95 % de FCmax
avec :
3 min de récupération active.
Mais ce format doit être compris comme un exemple validé, pas comme une prescription obligatoire.
6. Utiliser la course lorsque le contrôle est prioritaire
Une séance en course peut être particulièrement intéressante lorsque l’objectif est de maîtriser précisément la charge.
Elle facilite :
- le contrôle de la durée ;
- la standardisation de la récupération ;
- la prescription d’une vitesse ;
- la comparaison entre séances ;
- et la progression du volume.
7. Utiliser le ballon lorsque l’intégration footballistique est prioritaire
Un jeu réduit ou un circuit avec ballon peut être choisi lorsque nous souhaitons simultanément travailler une forte sollicitation physiologique et des comportements footballistiques.
Mais il faut vérifier ce que les joueurs réalisent réellement.
Un exercice théoriquement intense peut devenir peu exigeant si :
- l’espace est inadapté ;
- les arrêts sont fréquents ;
- certains joueurs participent peu ;
- le rapport numérique réduit les déplacements ;
- ou les règles modifient fortement l’activité.
8. Ne pas chercher à transformer tous les joueurs en spécialistes d’endurance
Une VO₂max élevée est intéressante.
Mais la préparation physique du footballeur doit préserver :
- la vitesse ;
- la force ;
- la puissance ;
- les qualités de changement de direction ;
- et les compétences spécifiques.
La question n’est pas :
« Comment obtenir la VO₂max la plus élevée possible ? »
mais :
« De quel niveau aérobie ce joueur a-t-il besoin pour exprimer durablement ses qualités de footballeur ? »
9. Chez les jeunes, suivre avant de classer
Pour les adolescents, la progression individuelle est souvent plus instructive que le classement immédiat.
Nous pouvons suivre :
- la performance au test ;
- l’âge ;
- la taille ;
- la masse corporelle ;
- et leur évolution au fil des saisons.
Un jeune momentanément moins performant physiquement ne doit pas être réduit à son résultat du jour.
10. Utiliser la VO₂max comme une information, jamais comme un verdict
Une valeur peut aider à répondre :
« existe-t-il une faiblesse aérobie évidente ? »
« le joueur progresse-t-il ? »
« l’intervention semble-t-elle produire une adaptation ? »
Mais elle ne répond pas seule :
« est-il prêt à jouer ? »
« sera-t-il performant dimanche ? »
« est-il meilleur que son partenaire ? »
ni :
« deviendra-t-il un meilleur footballeur ? »
À retenir
- La VO₂ représente un débit de consommation d’oxygène.
- La VO₂max correspond à la consommation maximale d’oxygène atteignable dans les conditions d’un exercice maximal et renseigne principalement sur la puissance maximale du système aérobie.
- Elle dépend d’une chaîne intégrée comprenant les poumons, le sang, le cœur, la circulation musculaire, la diffusion de l’oxygène et les capacités oxydatives des fibres [1–6].
- Lors d’un exercice global mobilisant une grande masse musculaire, l’apport circulatoire en oxygène joue souvent un rôle majeur dans la limitation de la VO₂max, sans constituer le seul déterminant possible [1–3].
- Une VO₂max exprimée en mL·kg⁻¹·min⁻¹ facilite les comparaisons mais ne supprime pas parfaitement les effets de la morphologie, notamment chez les jeunes [7,8].
- VO₂max, VO₂peak, vVO₂max et VMA ne sont pas des synonymes. La vitesse associée à VO₂max peut varier selon le protocole sans modification comparable de VO₂max [11].
- Un Yo-Yo, un test navette ou une montre connectée peuvent fournir des informations très utiles, mais ils ne constituent pas une mesure directe de la VO₂max lorsqu’aucun échange gazeux n’est analysé [12–14,24].
- Une VO₂max élevée ne résume pas toute l’endurance. Économie de course, seuils et vitesse associée aux capacités aérobies apportent des informations complémentaires [15,16].
- La VO₂max ne détermine pas directement la vitesse maximale d’un sprint [17].
- Une bonne capacité aérobie peut en revanche contribuer à certains processus de récupération entre des efforts intenses répétés, sans expliquer à elle seule la capacité de sprints répétés [16–18].
- En match, la relation entre VO₂max et activité locomotrice varie selon le poste, le contexte et la population étudiée [19–21].
- Chez les joueurs professionnels masculins étudiés en Norvège, des valeurs autour de 62–64 mL·kg⁻¹·min⁻¹ étaient compatibles avec les exigences de la population professionnelle étudiée, mais ne distinguaient pas clairement les niveaux d’élite [22]. Cette observation ne constitue pas une norme universelle.
- Chez les joueuses de haut niveau, certaines différences de VO₂max selon le niveau de compétition ont été observées [23].
- La VO₂max peut être améliorée grâce à différentes formes d’entraînement, comprenant aussi bien de la course que certains exercices avec ballon [25–28].
- Le protocole 4 × 4 minutes à haute intensité dispose de données expérimentales intéressantes en football, mais n’est qu’une possibilité parmi d’autres [25,27,28].
- Chez le jeune joueur, la VO₂max et les performances aérobies doivent être interprétées en tenant compte de la croissance, de la maturation et de la morphologie [7,31,32].
La VO₂max est donc une information physiologique importante, mais elle n’est jamais une définition du joueur.
Le meilleur usage de cette donnée n’est pas de chercher à savoir qui possède « le plus gros chiffre », mais de déterminer si la capacité aérobie est suffisamment développée pour permettre au joueur d’exprimer durablement les qualités que son football lui demande.
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